Des salariés de TotalEnergies ont entamé jeudi matin 8 octobre 2026 un mouvement de grève de 24 heures à l’appel de la CGT pour l’emploi et les salaires, bloquant les expéditions de carburants dans plusieurs raffineries françaises malgré une avance sur prime versée par la direction.
Le conflit social perturbe l’activité du géant énergétique sur l’ensemble du territoire.
Tensions sur les expéditions de carburants et chiffrage des grévistes
La mobilisation se traduit par des arrêts ciblés sur les sites industriels du groupe.
La direction oppose des chiffres nettement inférieurs à ceux avancés par les organisations syndicales. L’entreprise assure qu’il y a moins de 2% de grévistes
dans l’ensemble de ses raffineries et bio-raffineries, tout en confirmant que le groupe continue à assurer les approvisionnements de son réseau de stations-service et de ses clients par ses différents moyens logistiques
.
Si le site continue de tourner, il n’y aura pas de produit qui va sortir de la raffinerie aujourd’hui.
Sébastien Gélard, secrétaire général CGT du site de Donges, via Bfmtv
Du côté de la distribution, le syndicat dénombre 27 stations-service fermées au sein de la filiale Argedis, tandis que la direction en comptabilise onze, sur un total d’environ 180 stations pour cette filiale et de 3 300 à l’échelle du groupe selon les données de Lemonde. Ces points de vente se trouvent répartis dans plusieurs régions, de la Bretagne à la Provence, en passant par la région parisienne, la Meuse et la région Rhône-Alpes.
Revendications salariales et conditions de travail dans les raffineries
Le mouvement social trouve son origine dans des revendications portant à la fois sur les rémunérations et sur l’organisation du travail.
Les représentants syndicaux soulignent également des effectifs jugés sous tension
en raison de départs non remplacés et d’un recours jugé excessif à l’intérim, aux contrats à durée déterminée et à la sous-traitance. Le syndicat exige l’embauche de tous les intérimaires et la transformation des postes vacants en contrats à durée indéterminée au sein de TotalEnergies.
L’avance sur prime de mille euros rejetée par les syndicats
Cette mesure précède les négociations annuelles obligatoires sur les salaires planifiées pour le mois de décembre.

La direction justifie ce versement par la volonté de reconnaître dès aujourd’hui leur contribution à la réussite collective de la compagnie
. Les organisations syndicales ont vivement contesté cette initiative. Éric Sellini a ainsi qualifié le versement de manipulation grossière
orchestrée par une direction qu’il estime très fébrile
face à la mobilisation.
De son côté, la CFDT n’a pas appelé à la grève, privilégiant la voie du dialogue social. On ne peut pas aujourd’hui, avec un tel besoin de carburants, avoir un outil de raffinage qui ne soit pas regardé de près en termes de maintenance et en termes d’effectifs
, a souligné Geoffrey Caillon, coordinateur de la CFDT selon Le Revenu, tout en espérant obtenir un meilleur partage de la valeur créée par l’entreprise.
Le contexte financier et logistique du groupe énergétique
Le conflit intervient dans un climat marqué par des difficultés logistiques liées au contexte géopolitique au Moyen-Orient et au plafonnement des prix des carburants appliqué par TotalEnergies dans ses stations-service, qui a entraîné une forte affluence d’automobilistes cherchant à préserver leur pouvoir d’achat.
La solidité financière de l’entreprise alimente les critiques syndicales concernant la répartition des richesses. Sur l’ensemble du premier semestre, le bénéfice net du groupe s’est établi à 11,2 milliards de dollars, soit environ 10 milliards d’euros, affichant une progression de 73% sur un an.