Publié le 24 septembre 2025 22:39:00. À l’approche de l’élection présidentielle, un sondage révèle une inquiétude grandissante des Français concernant l’avenir de leur système de santé, avec une acceptation croissante de nouvelles formes d’accès aux soins et de recours à la e-santé.
- Plus de la moitié des Français craignent que leurs enfants ne reçoivent pas des soins de même qualité qu’eux dans les dix prochaines années.
- Une large majorité s’attend à des déremboursements et une augmentation du reste à charge, suscitant des craintes quant à une médecine à deux vitesses.
- Les Français se montrent ouverts à des solutions alternatives comme la téléconsultation, l’automédication et le rôle accru des pharmaciens et infirmiers.
L’accès aux soins constitue la principale source d’appréhension pour les Français, selon une étude menée conjointement par l’association des Laboratoires internationaux de recherche (LIR) et l’institut IPSOS. Le sondage, publié alors que le scrutin présidentiel de 2017 se profile, met en lumière un pessimisme marqué quant à la pérennité du système de santé. 55 % des personnes interrogées estiment que leurs enfants bénéficieront de soins inférieurs aux leurs dans les dix années à venir, pointant du doigt les difficultés croissantes à obtenir des rendez-vous spécialisés et à réaliser des examens médicaux.
L’inquiétude financière est également prégnante. 93 % des Français anticipent de nombreux déremboursements dans les cinq prochaines années, et 63 % s’y opposent fermement. Cette crainte se traduit par une appréhension face à une augmentation du reste à charge, au développement d’une médecine à deux vitesses et à un allongement des délais d’accès aux soins.
Face à ces difficultés, les Français semblent prêts à repenser leur parcours de soins. L’étude révèle une forte adhésion à des alternatives plus souples et plus rapides. 73 % se disent disposés à privilégier l’échange téléphonique ou en ligne à une consultation en présentiel, 71 % envisagent de recourir plus souvent à l’automédication, et 70 % acceptent que le pharmacien substitue un médicament de marque par un générique lorsque cela est possible. Un peu plus de 60 % (61 %) seraient également prêts à consulter leur pharmacien pour des problèmes de santé mineurs.
La délégation de certains actes médicaux à d’autres professionnels de santé rencontre également un accueil favorable. 77 % des Français approuvent l’intervention des infirmiers, 63 % celle des opticiens et 55 % celle des pharmaciens.
Enfin, la e-santé est perçue comme un outil prometteur pour accompagner ou retarder l’apparition de maladies. Bien que seuls 17 % des Français utilisent déjà des applications dédiées à la santé, plus de la moitié (64 %) se disent prêts à les adopter pour faciliter la collecte et l’interprétation des données médicales par leur médecin. 52 % seraient également intéressés par des rappels de traitement pour améliorer l’observance thérapeutique. Un large consensus (78 %) se dégage en faveur du partage de leurs données de santé avec tous les professionnels de santé qui les suivent.