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Plusieurs observateurs jugent inconsistante la mise en scène de Calixto Bieito à Bastille

À l'Opéra Bastille, la mise en scène du « Crépuscule des dieux » par Calixto Bieito clôt le cycle de L'Anneau du Nibelung de Wagner au milieu de huées dans les balcons, d'une…

Plusieurs observateurs jugent inconsistante la mise en scène de Calixto Bieito à Bastille

À l’Opéra Bastille, la mise en scène du « Crépuscule des dieux » par Calixto Bieito clôt le cycle de L’Anneau du Nibelung de Wagner au milieu de huées dans les balcons, d’une mobilisation lycéenne tendue à l’extérieur et d’un plateau vocal salué par le public en octobre 2026.

La nouvelle production du cycle de Richard Wagner imaginée par le metteur en scène catalan Calixto Bieito s’est achevée dans un climat singulièrement agité. Alors que la représentation s’ouvrait le 8 octobre 2026 à l’Opéra Bastille, les spectateurs ont dû se frayer un chemin à travers une forte mobilisation de lycéens et de grévistes qui tentaient de bloquer l’accès à l’établissement. Ce 8 octobre à 18 heures, la place de la Bastille résonnait des cris de jeunes et d’étudiants au milieu des gaz lacrymogènes, tandis que des contestataires postés à l’entrée reprochaient aux mélomanes de gaspiller leur argent. L’ouvrage fait suite à l’Or du Rhin, à La Walkyrie et à Siegfried, achevant une perspective dans une absence de concept où se ressent à peine l’effort de proposer un décor signé Rebecca Ringst.

Plusieurs observateurs jugent inconsistante la mise en scène de Calixto Bieito à Bastille
Photo : ResMusica

Un final scénique jugé vide par les critiques

Plusieurs observateurs ont qualifié la production d’inconsistante et de vide. Les huées émanant des balcons lors des saluts finaux ont témoigné du rejet d’une pointe de l’assistance face à une scénographie marquée par l’immense scène nue et noire de Bastille, où Brünnhilde apparaît en robe bleue en train de tournoyer avec son petit cheval de bois.

Cette approche visuelle s’inscrit dans la continuité d’un cycle initialement transposé dans une ère post-apocalyptique dominée par l’intelligence artificielle et le désastre écologique, avant de concentrer l’attention sur l’enfermement mental des protagonistes occupés à de basses trahisons bourgeoises. Pourtant, les choix dramaturgiques n’ont cessé de s’effilocher au fil des actes, le Prologue s’ouvrant sur les trois Nornes vêtues comme des Cosima 1876 et tissant les fils-câbles du Destin sur un immense métier Jacquard.

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Le triomphe des voix et de la direction musicale

Malgré les critiques acerbes visant la mise en scène, la soirée a été largement sauvée par la performance des chanteurs et par la baguette symphonique de Pablo Heras-Casado, qui trouve son plein épanouissement dans ce dernier volet.

Dans le rôle de Brünnhilde, la soprano américaine Tamara Wilson a compensé l’atonie scénique par la gradation de l’expression et de l’éclat, secondée par l’endurance d’Andreas Schager en Siegfried et la densité du timbre d’Eve-Maud Hubeaux en Waltraute. À la tête de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, secondé par le chœur préparé par Ching-Lien Wu, Pablo Heras-Casado a offert une lecture soutenant une attention à la définition sonore où la beauté plastique se confond avec une précision narrative.

Les représentations à venir du cycle wagnérien

L’ouvrage reste à l’affiche de l’Opéra national de Paris jusqu’au 18 octobre 2026. L’ensemble du cycle s’apprête à trouver un prolongement lorsque le public pourra entendre les quatre opéras à la suite, comme ce sera bientôt le cas lors du « Festival Ring » prévu les 13 et 22 novembre 2026.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.