Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

Portland n’est pas «  ravagé la guerre  », malgré les affirmations de Trump

L'annonce d'un déploiement de troupes fédérales à Portland, dans l'Oregon, par l'ancien président Donald Trump, a ravivé les tensions dans une ville déjà marquée par des manifestations et des préoccupations concernant l'escalade de la violence politique. Cette décision…

Portland n’est pas «  ravagé la guerre  », malgré les affirmations de Trump

L’annonce d’un déploiement de troupes fédérales à Portland, dans l’Oregon, par l’ancien président Donald Trump, a ravivé les tensions dans une ville déjà marquée par des manifestations et des préoccupations concernant l’escalade de la violence politique. Cette décision intervient alors que la ville, malgré un contexte social complexe, semblait retrouver une certaine normalité estivale.

Samedi, alors que Trump annonçait son intention d’envoyer des forces armées, Portland offrait un tableau contrasté. Les kayaks glissaient sur la rivière Willamette, les terrasses de café bourdonnaient de conversations, et les parcs d’attractions résonnaient des cris joyeux des enfants. Une ambiance estivale paisible, troublée seulement par la préparation des supporters des Timbers, l’équipe locale de football, pour un match contre le FC Dallas, lors de la « Nuit du patrimoine hispanique ».

Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, Trump a accusé Portland d’être un foyer de troubles et a promis d’y rétablir l’ordre. Il a évoqué la possibilité de déployer son « secrétaire à la guerre », Pete Hegseth, et « toutes les troupes nécessaires » pour contrer un prétendu « siège » de la ville par Antifa. L’ancien président a justifié cette menace par la nécessité de « protéger Portland ravagée par la guerre » contre des « terroristes nationaux », autorisant, selon ses propres termes, « la pleine force, si nécessaire ».

Cette annonce s’inscrit dans une stratégie plus large, déjà observée lors de son mandat, visant à cibler les villes progressistes et à tester les limites de l’autorité fédérale. En 2020, Portland avait déjà été le théâtre de confrontations entre manifestants et forces de l’ordre fédérales, une expérience que Trump semble vouloir réitérer, voire étendre à d’autres villes comme Memphis et Chicago.

Malgré les tensions, la situation à Portland est plus nuancée que ne le laisse entendre la rhétorique de Trump. Le taux de criminalité violente a diminué de 51 % au cours du premier semestre 2025, et le centre-ville montre des signes de revitalisation grâce à l’arrivée de nouveaux commerces et à l’augmentation du nombre de piétons. La ville reste néanmoins confrontée à des défis importants, tels que le sans-abrisme et la consommation de drogues.

Le principal point de friction actuel se concentre sur une allée fermée près d’une installation de la police fédérale, où des manifestations ont lieu depuis juin. Les confrontations entre manifestants et forces de l’ordre peuvent être violentes, avec des tirs de gaz lacrymogènes et des arrestations. Cependant, lors d’une visite sur les lieux samedi après-midi, l’ambiance était étonnamment calme, avec des graffitis plus satiriques que menaçants, comme « Molotovs fondent la glace » ou « Anifa = antifasciste ».

Les autorités de l’Oregon ont fermement condamné le déploiement annoncé par Trump. Le maire de Portland, Keith Wilson, a déclaré : « Le nombre de troupes nécessaires est nul à Portland. » La gouverneure démocrate, Tina Kotek, a affirmé avoir parlé directement à Trump et lui avoir assuré que la situation était sous contrôle : « Nous avons cela en main. Nous allons bien. » Elle a également souligné que tout déploiement de troupes fédérales violerait le droit de l’État à s’autogouverner.

Dimanche, Hegseth a signé un ordre demandant la mobilisation de 200 membres de la Garde nationale de l’État. L’Oregon a immédiatement riposté en déposant une plainte devant les tribunaux, arguant que cet ordre est illégal car il ne bénéficie pas du soutien du gouverneur et viole la loi Posse Comitatus. La plainte souligne que les manifestations sont généralement pacifiques et que la vision de Trump sur la situation à Portland est basée sur des informations erronées diffusées par certains médias.

Pour l’instant, Portland attend de voir comment la situation va évoluer. La mobilisation de la Garde nationale prendra au moins jusqu’à jeudi, date à laquelle le tribunal fédéral examinera la plainte de l’État. La gouverneure Kotek espère pouvoir « retarder, suspendre ou rediriger » le déploiement. Cependant, lors d’un discours mardi matin, Trump a réaffirmé sa fausse déclaration selon laquelle Portland serait une « zone de guerre », et a rapporté une conversation avec Kotek, la qualifiant de « gouverneure libérale » et affirmant que la situation ressemblait à la Seconde Guerre mondiale.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.