Les vétérinaires italiens réaffirment que le statut juridique des animaux a évolué bien au-delà de la simple notion de « chose », soulignant une reconnaissance croissante de leur sensibilité et du lien affectif qui unit les propriétaires à leurs compagnons.
Suite à un récent entretien avec l’avocate Jade Bernardi, rappelant que le code civil italien considère encore les animaux comme des biens, le Dr. Marco Melosi, président de l’Association nationale des médecins vétérinaires italiens, a tenu à apporter une perspective actualisée. L’avocate Bernardi avait notamment souligné que, en cas de faute professionnelle médicale, les animaux sont souvent traités comme des objets dans les procédures civiles.
« Au troisième millénaire, les animaux ne sont plus des choses. Et pour les médecins vétérinaires, cela ne l’a jamais été : les animaux sont une vie soignée », a déclaré le Dr. Melosi. Il souligne que les animaux bénéficient désormais de la protection de l’article 9 de la Constitution italienne, qui reconnaît leur sensibilité.
La jurisprudence reconnaît également la valeur affective du lien entre les propriétaires et leurs animaux de compagnie, allant au-delà de la simple valeur économique. La perte d’un animal est désormais considérée comme une atteinte à la sphère personnelle, ouvrant droit à une compensation plus importante.
Cette évolution juridique s’accompagne d’une montée en compétence de la médecine vétérinaire, avec des spécialisations et des innovations technologiques permettant d’offrir aux animaux des soins comparables à ceux prodigués aux humains. Les vétérinaires se disent fiers de contribuer à cette évolution, qui implique également une forte sensibilité éthique et une compassion parfois éprouvante.
Le Dr. Melosi insiste sur le fait que les vétérinaires sont responsables de leurs actes sur le plan éthique, pénal et civil. Il précise que l’impunité n’existe pas et que les vétérinaires collaborent souvent avec les autorités pour faire respecter les droits des animaux, participant activement aux procédures judiciaires.
Enfin, il appelle à une approche plus positive et responsable de la détention d’animaux, reconnaissant leur altérité par rapport aux êtres humains. Il estime que la répression ne suffit pas et qu’il est essentiel de promouvoir une relation basée sur le respect et la compréhension mutuelle.
