Publié le 16 octobre 2025 à 03h00. Une découverte de fossiles en Patagonie apporte de nouvelles pistes pour comprendre l’évolution des sauropodes, ces dinosaures herbivores caractérisés par leur cou exceptionnellement long, et les facteurs qui ont conduit à leur gigantisme.
- Les premiers sauropodes étaient bien plus diversifiés qu’on ne le pensait, avec des tailles allant de celle d’une chèvre à environ 10 mètres de long.
- Des éruptions volcaniques massives survenues il y a 180 millions d’années ont probablement joué un rôle clé dans l’évolution de ces dinosaures, en modifiant la flore et leur régime alimentaire.
- L’espèce Bagualia alba, découverte en Patagonie, est l’un des plus anciens grands sauropodes connus et offre des indices précieux sur cette transition évolutive.
Pourquoi certains dinosaures ont-ils développé des cous si longs ? C’est une question qui fascine les paléontologues depuis des décennies. Une équipe de chercheurs a récemment mis au jour des fossiles en Patagonie, en Argentine, qui pourraient enfin apporter des éléments de réponse. Ces découvertes jettent une nouvelle lumière sur l’évolution des sauropodes, ces géants herbivores qui ont dominé les écosystèmes terrestres pendant le Jurassique et le Crétacé.
Contrairement à l’image que l’on se fait souvent de ces dinosaures, les sauropodes n’ont pas toujours été des créatures colossales. Durant les 50 premiers millions d’années de leur histoire évolutive, ils présentaient une grande diversité de formes et de tailles. Certains atteignaient déjà une longueur respectable d’environ 10 mètres, mais d’autres étaient beaucoup plus petits, de la taille d’une chèvre. De plus, certains se déplaçaient sur deux pattes, tandis que d’autres utilisaient les quatre.
La découverte de Bagualia alba, dont le nom fait référence au canyon de Bagual où les fossiles ont été exhumés, ainsi qu’au mot espagnol alba signifiant « aube », en raison de son ancienneté, est particulièrement significative. Estimée à environ 10 tonnes, soit l’équivalent de deux éléphants d’Afrique, cette espèce représente l’un des premiers grands sauropodes connus. L’analyse des fossiles végétaux environnants a permis de reconstituer le climat et l’écosystème dans lesquels Bagualia alba vivait.
Selon Diego Pol, chercheur principal au Musée de paléontologie Egidio Feruglio en Argentine, les changements climatiques survenus il y a 180 millions d’années, au début du Jurassique, ont joué un rôle déterminant dans l’évolution des sauropodes. Ces changements étaient liés à d’importantes éruptions volcaniques dans l’hémisphère sud.
« Il y a des coulées de lave qui s’étendent sur plus d’un million de kilomètres carrés. C’est beaucoup plus grand que tout ce que nous avons vu à l’époque humaine. D’énormes quantités de CO2 et de méthane sont libérées dans l’atmosphère et il y a un réchauffement climatique qui a été bien étudié à l’échelle mondiale. »
Diego Pol, chercheur principal au Musée de paléontologie Egidio Feruglio
Ces éruptions ont entraîné des modifications de la flore, qui ont à leur tour influencé le régime alimentaire des sauropodes herbivores. Cette transformation a conduit à l’extinction de nombreux groupes de sauropodes, seuls les eusauropodes, les grands sauropodes que l’on connaît le mieux, ayant survécu. Au fil du temps, ces derniers ont atteint des dimensions impressionnantes, avec une longueur pouvant dépasser les 40 mètres et un poids atteignant les 70 tonnes.
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