Publié le 6 octobre 2025. Les taux d’intérêt des prêts immobiliers continuent de baisser, offrant une opportunité aux propriétaires de renégocier leurs crédits, mais l’économie réalisée doit être suffisante pour couvrir les frais associés à cette opération.
- Les taux de prêt sur vingt ans s’établissent actuellement à 3,35 % en moyenne, contre plus de 4 % fin 2023.
- La production de crédits a chuté de 8,2 milliards d’euros en décembre 2023 à 12,1 milliards d’euros en décembre 2024.
- Une économie de 0,7 à 1 point sur le taux actuel (soit entre 3 % et 3,30 %) rend la renégociation intéressante.
Après une période de hausse, les taux d’intérêt des prêts immobiliers amorcent une baisse progressive, une nouvelle favorable pour les futurs acquéreurs. Cette évolution laisse toutefois un sentiment mitigé chez ceux qui ont contracté un prêt lorsque les taux étaient à leur plus haut. Heureusement, ils sont relativement peu nombreux, car les banques étaient devenues plus sélectives dans l’octroi des financements fin 2023.
La production de crédits immobiliers témoigne de ce ralentissement. En décembre 2023, elle n’atteignait que 8,2 milliards d’euros, contre 12,1 milliards d’euros un an plus tard. Dans ce contexte, il est pertinent pour les propriétaires concernés d’envisager une renégociation de leur prêt.
« L’opération est intéressante si l’on peut obtenir entre 0,7 point et 1 point de moins que son taux actuel, soit entre 3 % et 3,30 % »
Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer
Il n’y a pas d’urgence à agir immédiatement, car les taux semblent évoluer vers une stabilisation en douceur. Cependant, il serait regrettable de passer à côté de cette opportunité.
Avant de se lancer, il est crucial de bien évaluer les coûts liés à la renégociation. Ces frais comprennent les indemnités de remboursement anticipé, plafonnées à six mois d’intérêt ou à 3 % du capital restant dû, ainsi que les frais de dossier bancaires (environ 1 000 euros), les éventuels frais de courtage (entre 2 000 et 3 000 euros) et les frais de nouvelle garantie (entre 1 % et 1,50 %).
« Comptez au total entre 4 % et 4,50 % du capital restant dû. Ce coût est généralement réintégré dans le nouveau prêt : vous n’aurez rien à débourser immédiatement », explique Sandrine Allonier. Plus le montant emprunté et la durée du crédit sont importants, plus l’économie potentielle sera significative. Ludovic Huzieux, cofondateur d’Artémis Courtage, conseille de privilégier les premières années du crédit, lorsque la part d’intérêt est la plus élevée, et de ne pas envisager de revendre le bien à court terme pour amortir les coûts de la renégociation.
La première étape consiste à contacter sa banque. Certaines institutions acceptent de renégocier le taux, généralement à un niveau légèrement moins avantageux que celui proposé par un nouvel établissement cherchant à attirer des clients. Cependant, cette option peut être intéressante en raison de la réduction des frais.
En effet, dans ce cas, il n’y a pas de pénalités de remboursement anticipé ni de frais de garantie. Il est également possible de profiter de cette renégociation pour déléguer l’assurance emprunteur à un organisme moins coûteux, ce qui peut générer des économies supplémentaires. Attention toutefois, cela implique de constituer un nouveau dossier et de répondre à un questionnaire médical, ce qui peut être complexe en cas de problèmes de santé survenus depuis l’obtention du crédit initial.
Il est donc essentiel de réaliser une simulation précise avant de prendre une décision, en tenant compte à la fois de l’économie réalisée sur le crédit et sur l’assurance.
Prenons l’exemple d’un prêt de 250 000 euros sur 25 ans souscrit en décembre 2023 à 4,40 %, et renégocié à 3,40 % en septembre 2025. À cette date, il reste 279 mensualités à payer, pour un capital restant dû de 240 004 euros. « Si notre emprunteur choisit de conserver la durée initiale de son crédit et de réduire sa mensualité, le gain sur le coût total ressort à 21 473 euros », calcule Sandrine Allonier. Il est encore plus avantageux de maintenir la mensualité inchangée, mais de réduire la durée du crédit à 256 mois : le gain atteindrait alors 31 645 euros.