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Pourquoi de nombreux jeunes adultes activent les sous-titres, selon un nouveau sondage

by Antoine Girard

Publié le 27 septembre 2025 à 12h14. De plus en plus de téléspectateurs, en particulier les jeunes adultes, recourent aux sous-titres, non pas nécessairement par besoin, mais pour mieux gérer le multitâche ou s’adapter à des environnements bruyants, révèle une nouvelle enquête.

  • Près de 40 % des adultes de moins de 45 ans utilisent régulièrement les sous-titres.
  • Les raisons principales sont le multitâche, les environnements bruyants et la difficulté à comprendre certains accents.
  • Les personnes âgées ont plus souvent recours aux sous-titres en raison de problèmes d’audition ou de compréhension.

Taylor Heine, 35 ans, incarne cette nouvelle tendance. « Quand je regarde la télévision ou un film, je suis souvent occupée à faire autre chose : consulter mon téléphone, m’occuper de mes animaux, faire le ménage… », explique-t-elle. Pour ne rien manquer, elle active systématiquement les sous-titres.

« Cela me permet de passer d’une activité à l’autre, d’écouter tout en gardant un œil sur l’écran et de savoir ce qui se passe. Je peux aussi revenir en arrière si je rate un dialogue. »

Taylor Heine, téléspectatrice

Cette habitude profite également à son compagnon. « Quand il cuisine, je n’ai pas besoin de changer de chaîne », précise-t-elle. L’utilisation des sous-titres, bien que parfois source de débats familiaux, se répand de plus en plus, comme le confirme une récente étude menée par l’Associated Press-Norc Center for Public Affairs Research.

L’enquête révèle que 40 % des adultes de moins de 45 ans utilisent les sous-titres au moins « souvent », contre 30 % pour ceux de plus de 45 ans. Les plus de 60 ans sont les moins nombreux à les activer, déclarant même les utiliser « jamais » dans de nombreux cas.

Selon l’étude, les jeunes adultes ont tendance à utiliser les sous-titres dans des environnements bruyants, tandis que les personnes âgées les préfèrent pour mieux entendre ou comprendre les dialogues. David Barber, ingénieur du son et président des éditeurs du son Motion Picture, souligne l’aspect culturel de cette évolution.

« Les jeunes générations sont habituées à faire plusieurs choses en même temps. Ils écoutent de la musique en regardant un film, ils sont donc moins concentrés et ont besoin des sous-titres pour suivre l’histoire. »

David Barber, ingénieur du son

Cependant, l’utilisation des sous-titres ne se limite pas aux jeunes. Beaucoup de téléspectateurs, quel que soit leur âge, les trouvent utiles pour ne manquer aucun détail du dialogue. Plus de 55 % des utilisateurs affirment qu’ils les activent pour « attraper chaque mot », tandis que 40 % invoquent des difficultés à comprendre les accents ou les films en langue étrangère.

Ariaunna Davis, 21 ans, explique qu’elle utilise les sous-titres lorsqu’elle regarde la télévision dans un environnement bruyant ou lorsqu’elle a du mal à comprendre l’accent d’un acteur.

« Si je veux comprendre tous les mots et que le son n’est pas clair, j’utilise les sous-titres. »

Ariaunna Davis, téléspectatrice

Adrian Alaniz, 31 ans, pense que ses concerts passés ont légèrement affecté son audition. Les sous-titres lui permettent de s’assurer qu’il comprend l’histoire, même lorsqu’il mange des chips croustillantes. Il apprécie également leur utilité pour les dessins animés, où ils peuvent corriger les erreurs de synchronisation.

L’enquête révèle que 30 % des Américains utilisent les sous-titres lorsqu’ils regardent la télévision dans un environnement bruyant, et 25 % en raison d’une mauvaise qualité audio. David Barber explique que plusieurs facteurs peuvent rendre le dialogue difficile à entendre, notamment les distractions sonores et la position des haut-parleurs sur les téléviseurs à écran plat. Il souligne également que les acteurs ont tendance à adopter un jeu plus subtil, ce qui peut rendre le dialogue moins audible. Karol Urban, designer sonore, ajoute que l’abondance d’effets sonores et de musique peut également masquer le dialogue.

Patricia Gill, 67 ans, préfère rembobiner lorsqu’elle rate une ligne de dialogue.

« Je suis de l’ancienne école, j’aime les choses simples et classiques. »

Patricia Gill, téléspectatrice

L’étude de l’AP-NORC a été réalisée auprès de 1 182 adultes du 21 au 25 août, à partir d’un échantillon représentatif de la population américaine. La marge d’erreur est de plus ou moins 3,8 points de pourcentage.

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