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Pourquoi la centrale nucléaire de Zaporizhzhia est un point de friction dans les pourparlers de paix en Ukraine

La centrale nucléaire de Zaporizhzhia, occupée par la Russie, constitue un point de blocage majeur dans les discussions de paix entre Moscou et Kiev. Le sort de cette installation stratégique, capable de fournir une part significative de l'électricité…

Pourquoi la centrale nucléaire de Zaporizhzhia est un point de friction dans les pourparlers de paix en Ukraine

La centrale nucléaire de Zaporizhzhia, occupée par la Russie, constitue un point de blocage majeur dans les discussions de paix entre Moscou et Kiev. Le sort de cette installation stratégique, capable de fournir une part significative de l’électricité ukrainienne, a été au cœur des entretiens entre les présidents Volodymyr Zelensky et Donald Trump le 28 décembre 2025.

La centrale, située près des lignes de front à Enerhodar, sur les rives du fleuve Dnipro et du réservoir Kakhovka, à 550 km au sud-est de Kiev, est contrôlée par les forces russes depuis mars 2022. Moscou a annoncé son intention de la reconnecter à son propre réseau électrique, une démarche contestée par Kiev et la communauté internationale. Bien que l’appartenance de la centrale à l’Ukraine soit largement reconnue, la Russie la considère désormais comme russe et la fait gérer par une filiale de Rosatom, la société nucléaire publique russe.

Plusieurs scénarios d’exploitation sont sur la table. Selon le président Zelensky, les États-Unis ont proposé une gestion conjointe à trois, avec un directeur en chef américain. L’Ukraine, de son côté, envisage une exploitation américano-ukrainienne, où les États-Unis utiliseraient 50 % de l’énergie produite. Le quotidien russe Kommersant rapporte que la Russie aurait également étudié une option de cogestion russo-américaine. Après leurs discussions, Donald Trump a déclaré que des progrès avaient été réalisés, estimant que la centrale pourrait « démarrer presque immédiatement ». Il a également souligné l’importance du fait que la Russie n’ait pas bombardé l’installation.

À ce stade, la centrale ne produit pas d’électricité, mais nécessite une alimentation externe constante pour maintenir le refroidissement du combustible nucléaire et prévenir une fusion. L’alimentation électrique, fournie par l’Ukraine, a été interrompue à au moins 11 reprises au cours des quatre dernières années en raison de dommages aux lignes électriques, obligeant l’utilisation de générateurs diesel de secours. Kiev et Moscou s’accusent mutuellement de cibler la centrale et ses infrastructures.

La destruction du barrage de Kakhovka en 2023 a exacerbé les préoccupations concernant le refroidissement des réacteurs, en réduisant considérablement le niveau d’eau disponible. Energoatom, l’opérateur nucléaire ukrainien, a indiqué que le niveau des bassins de refroidissement a baissé de plus de 15 %, soit 3 mètres, depuis la catastrophe. Les réserves d’eau restantes pourraient, selon les estimations, suffire à alimenter un ou deux réacteurs au maximum.

La Russie justifie son intérêt pour la centrale par la nécessité de pallier un déficit énergétique important dans le sud du pays et n’exclut pas la possibilité de fournir de l’électricité à certaines régions de l’Ukraine. En décembre dernier, l’agence russe de surveillance nucléaire a autorisé l’exploitation du réacteur n°1, une étape vers son redémarrage, décision qualifiée d’« illégale et irresponsable » par le ministère ukrainien de l’Énergie, qui craint un accident nucléaire.

Pour l’Ukraine, la reprise du contrôle de la centrale est cruciale, d’autant plus que les infrastructures énergétiques du pays ont été massivement endommagées par les attaques russes. Les analystes estiment que le déficit de production ukrainienne s’élève à environ 4 gigawatts, soit l’équivalent de quatre réacteurs de Zaporizhzhia. Selon Oleksandr Kharchenko, directeur du Centre de recherche énergétique de Kiev, il faudrait entre cinq et sept ans à l’Ukraine pour reconstruire une capacité de production équivalente. Même en cas de reprise, il faudrait au moins deux à trois ans pour évaluer l’état de la centrale et trois années supplémentaires pour la remettre en état de marche.

« Nous ne connaissons pas l’état réel de la centrale aujourd’hui », ont déclaré Energoatom et Kharchenko, soulignant les difficultés d’évaluation et les risques potentiels.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.