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Une décision récente du Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation (ACIP) de ne plus recommander la vaccination universelle contre l’hépatite B à la naissance suscite l’inquiétude chez les professionnels de santé, qui craignent un retour en arrière dans la prévention de cette maladie potentiellement mortelle.

L’hépatite B reste une cause majeure de maladies chroniques du foie chez les enfants à l’échelle mondiale. Les nourrissons infectés à la naissance présentent un risque de plus de 90 % de développer une infection chronique, pouvant entraîner une insuffisance hépatique, un cancer du foie, voire la mort. La transmission peut se faire de la mère à l’enfant (verticalement) ou par contact avec des personnes infectées (horizontalement).

En 1991, les États-Unis ont adopté une politique de vaccination universelle des nouveau-nés, ce qui a permis de réduire de 99 % le nombre d’infections annuelles chez les nourrissons et les enfants. Cette réussite met en lumière une vérité essentielle : l’évaluation des risques individuels est souvent imprécise et un système de santé universel est nécessaire pour assurer une protection optimale.

« Notre expérience nous montre que la meilleure façon de prévenir cette maladie est de protéger tout le monde, même les nourrissons présentant un faible risque », explique une pédiatre hospitalière. Le vaccin contre l’hépatite B est considéré comme sûr, avec un seul cas de réaction allergique signalé pour 2 à 3 millions de doses.

La décision de l’ACIP, qui ne semble pas basée sur des préoccupations concernant la santé des enfants, est perçue par certains comme une remise en question d’une politique de santé publique efficace. Elle pourrait avoir des conséquences disproportionnées sur les familles les plus vulnérables, pour lesquelles l’hôpital représente souvent la seule occasion d’accéder à des soins médicaux.

En 2024, près d’un enfant sur dix n’avait pas de médecin traitant. Supprimer la vaccination universelle à la naissance priverait ces enfants d’un filet de sécurité essentiel. Il ne s’agit pas de remettre en question le droit des parents à refuser la vaccination, mais de garantir l’équité d’accès aux soins.

Cette décision suscite un profond découragement chez les professionnels de santé, qui se sentent dépossédés de leur expertise et de leur capacité à protéger les enfants. L’histoire de Sam, un jeune garçon atteint d’atrésie des voies biliaires et ayant nécessité une greffe du foie, illustre la gravité des conséquences de l’hépatite B et la nécessité de la prévention. « Sam souffrait d’une maladie qui n’aurait pas pu être évitée. Ce ne sera pas le cas pour les enfants qui pourraient connaître un sort similaire à cause d’une maladie évitable », déplore une médecin.

Malgré ce revers, les professionnels de santé restent déterminés à poursuivre leur mission de protection de la santé des enfants. Ils continueront à écouter, à apprendre et à agir avec une attention constante, brique par brique, pour reconstruire la confiance et garantir un accès équitable aux soins pour tous.

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Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.
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