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Pourquoi le colcannon a le goût d’un Halloween irlandais

by Antoine Girard

Publié le 14 octobre 2025 06:00:00. Le colcannon, plat traditionnel irlandais à base de pommes de terre et de chou, est bien plus qu’un simple repas d’Halloween : il est le reflet d’une histoire et de coutumes ancestrales, explorées par le folkloriste Michael Fortune.

  • Le colcannon, plat emblématique de la fête d’Halloween en Irlande, était traditionnellement préparé avec les récoltes d’automne.
  • La tradition de cacher une bague ou une pièce de monnaie dans le colcannon pour prédire l’avenir reste vivace, notamment à Dublin.
  • Bien que la recette varie selon les régions, le colcannon de Wexford se distingue par l’utilisation de chou et de panais.

Pour beaucoup d’Irlandais, Halloween évoque immanquablement le souvenir du colcannon, ce plat réconfortant préparé en famille et partagé avec les voisins. Le folkloriste Michael Fortune, originaire du comté de Wexford, témoigne de l’importance de cette tradition dans son enfance et de sa persistance à travers les générations.

« Je ne peux pas imaginer Halloween sans le colcannon et le gros pot que ma défunte mère préparait chaque année », confie-t-il. Il souligne que, durant les 45 dernières années, il n’a manqué aucune soirée d’Halloween sans déguster ce plat.

La recette du colcannon, transmise de mère en fille, reste étonnamment constante. M. Fortune a pu le constater lors d’une rencontre avec un groupe de femmes de l’ICA (Irish Countrywomen’s Association) à Wexford : leur recette était identique à celle de sa propre famille. Le colcannon n’était pas réservé à Halloween, mais préparé à différentes périodes de l’année en fonction des légumes de saison.

La tradition de cacher un objet dans le colcannon, comme une bague ou une pièce de monnaie, est également un élément central de la fête. Cette pratique, similaire à celle de la barmbrack (une brioche traditionnelle), permet de prédire l’avenir des convives. Cette coutume reste particulièrement forte à Dublin.

Si le colcannon est un plat relativement uniforme à travers l’Irlande, des variations régionales existent. Dans le comté de Mayo, on l’appelait « callement ». Une étude folklorique des écoles de 1937-1938 révèle que le terme « colcannon » était rarement utilisé dans le Cork et le Kerry, mais fréquent dans le Leinster. Au Pays de Galles, un plat similaire, appelé « Mash of 9 Sorts » ou « Mash of 10 Sorts », selon le nombre de légumes utilisés, était également consommé. On retrouve des plats similaires à Malte, préparés le jour de la Toussaint, et dans certaines régions des Pays-Bas et de l’Allemagne, lors de la Saint-Martin (11 novembre).

Le colcannon de Wexford se distingue par l’utilisation de chou et de panais. Contrairement à certaines régions, notamment Dublin, où le chou frisé est souvent utilisé, les habitants de Wexford privilégiaient le chou du jardin et ajoutaient un panais pour une saveur subtile et sucrée. À Terre-Neuve, où les traditions irlandaises ont été préservées, le navet remplaçait souvent le panais.

Voici la recette traditionnelle du colcannon de Wexford :

Un Colcannon de Wexford

Ingrédients (pour une famille) :

  • 8 à 9 grosses pommes de terre (les variétés à chair ferme sont idéales)
  • 1 tête de chou moyenne (vert ou Savoie)
  • 3 panais
  • 2 à 3 oignons
  • ½ bloc de beurre (environ 200g)
  • Sel et poivre blanc
  • Un peu de lait (uniquement si nécessaire)
  • Environ ½ pinte d’eau (environ 284 ml)

Méthode :

  1. Dans une grande casserole, disposez les oignons, les panais et le chou au fond, puis ajoutez les pommes de terre par-dessus.
  2. Ajoutez l’eau, couvrez de feuilles de chou et faites cuire lentement à la vapeur.
  3. Lorsque les pommes de terre sont tendres, égouttez et écrasez le tout avec du sel, du poivre blanc et du beurre. Ajoutez une goutte de lait si nécessaire.
  4. De manière traditionnelle, placez une bague ou une pièce de monnaie dans la purée, ajoutez une noix de beurre dessus et servez d’abord aux enfants.

Facultatif : Un œuf au plat sur le dessus, bien que dans ma famille, le colcannon ait toujours été un repas purement végétal. La viande n’était pas ajoutée, en partie parce que cela altérerait la saveur, et en partie parce qu’il y a des années, il n’y avait pas de viande en réserve pour la moitié de la paroisse.

Simple, copieux et profondément ancré dans la tradition, c’est un colcannon de Wexford qu’il vous faut. Bon appétit !

Pour en savoir plus sur le folkloriste Michael Fortune et son travail, consultez son site web.

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