Publié le 17 octobre 2023. Une étude de l’UCLA Health révèle un lien génétique sur le chromosome X qui pourrait expliquer pourquoi les femmes sont plus susceptibles de développer des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer et la sclérose en plaques, ouvrant la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques.
- Une recherche identifie un gène, Kdm6a, qui provoque une inflammation accrue dans le cerveau féminin.
- L’inactivation de ce gène a amélioré les symptômes de sclérose en plaques chez des souris femelles.
- La metformine, un médicament antidiabétique, pourrait avoir un effet protecteur, particulièrement chez les femmes.
Des chercheurs de l’UCLA Health ont mis en évidence un mécanisme biologique qui pourrait expliquer la prévalence plus élevée de certaines maladies neurologiques chez les femmes. L’étude, publiée dans la revue Science Translational Medicine, se concentre sur le gène Kdm6a, situé sur le chromosome X, et son impact sur l’inflammation cérébrale.
Les femmes possèdent deux chromosomes X, contrairement aux hommes qui n’en ont qu’un seul. Cette particularité génétique signifie que les femmes peuvent recevoir une « double dose » de l’activité du gène Kdm6a, entraînant une inflammation plus importante dans les cellules immunitaires du cerveau, appelées microglies. Cette inflammation chronique est un facteur clé dans le développement de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer et la sclérose en plaques.
L’équipe du Dr Rhonda Voskuhl a démontré que l’inactivation du gène Kdm6a chez des souris femelles atteintes d’une maladie de type sclérose en plaques entraînait une amélioration significative de leur état et une réduction de la neuropathologie.
« On sait depuis longtemps qu’il existe des différences entre les sexes dans le cerveau. Ces différences peuvent affecter à la fois la santé et les maladies neurologiques »,
Dr Rhonda Voskuhl, directrice du programme de sclérose en plaques à UCLA Health et neurologue principale au programme complet de ménopause de l’UCLA.
Les statistiques confirment cette disparité : la sclérose en plaques et la maladie d’Alzheimer touchent les femmes deux à trois fois plus souvent que les hommes. De plus, environ les deux tiers des femmes en bonne santé signalent des troubles cognitifs pendant la ménopause.
Les chercheurs ont également exploré l’utilisation de la metformine, un médicament couramment prescrit pour le traitement du diabète, comme moyen d’inhiber l’activité de la protéine produite par le gène Kdm6a. La metformine fait actuellement l’objet d’études pour ses potentielles propriétés anti-âge. Si les résultats ont été prometteurs chez les souris femelles, l’effet a été moins marqué chez les mâles, ce qui renforce l’hypothèse d’un rôle spécifique du gène Kdm6a chez les femmes.
« Cela concorde avec la possibilité qu’il y ait davantage de facteurs à bloquer chez les femmes en raison de la présence de deux copies du gène lié à l’X. Cela explique également pourquoi les femmes sont plus susceptibles que les hommes de développer la SEP et la MA. Cela a des implications cliniques. Les femmes peuvent réagir différemment des hommes au traitement par metformine. »
Dr Rhonda Voskuhl, UCLA Health.
Les résultats de cette étude pourraient également éclairer le phénomène du « brouillard cérébral » souvent ressenti par les femmes pendant la ménopause. Selon le Dr Voskuhl, il existe un équilibre complexe entre les chromosomes sexuels et les hormones, et que les femmes pourraient avoir développé un mécanisme compensatoire pour gérer l’inflammation induite par le chromosome X.
En conclusion, les chercheurs suggèrent que des thérapies ciblant les œstrogènes et agissant directement sur le cerveau pourraient aider à rétablir cet équilibre et à protéger les femmes contre les maladies neurodégénératives pendant la ménopause.