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Pourquoi l’euphorie autour du Venezuela pourrait être de courte durée pour Trump

Publié le 6 janvier 2026 à 22h27. L'intervention militaire américaine au Venezuela, orchestrée par l'administration Trump, a conduit à l'arrestation de Nicolás Maduro, mais laisse planer l'incertitude quant à la stabilité future du pays et à la stratégie…

Pourquoi l’euphorie autour du Venezuela pourrait être de courte durée pour Trump

Publié le 6 janvier 2026 à 22h27. L’intervention militaire américaine au Venezuela, orchestrée par l’administration Trump, a conduit à l’arrestation de Nicolás Maduro, mais laisse planer l’incertitude quant à la stabilité future du pays et à la stratégie globale de Washington dans la région.

  • L’arrestation de Nicolás Maduro à Brooklyn et son incarcération dans une prison fédérale marquent un tournant dans la politique américaine envers le Venezuela.
  • L’administration Trump semble privilégier une collaboration avec Delcy Rodríguez, la vice-présidente désignée, suscitant des interrogations sur l’avenir de l’opposition démocratique vénézuélienne.
  • La démonstration de force de Washington s’accompagne d’une rhétorique expansionniste, avec des menaces à l’encontre de Cuba, de la Colombie et des convoitises sur le Groenland, soulevant des inquiétudes quant à la politique étrangère américaine.

L’opération audacieuse menée par les forces spéciales américaines pour extraire Nicolás Maduro de son bunker a révélé une volonté affichée de la part de Donald Trump d’affirmer la puissance militaire des États-Unis sur la scène internationale. Le président américain, visiblement exalté, a commenté les événements au Venezuela avec une assurance qui confine à l’ivresse, un schéma comportemental qui, selon certains observateurs, a déstabilisé les gouvernements américains précédents au cours des trois dernières décennies.

Au-delà du Venezuela, Trump a multiplié les déclarations provocatrices, estimant que Cuba « semble sur le point de tomber », jugeant le président colombien « malade » et menaçant d’envoyer des troupes au Mexique, qu’il accuse d’être contrôlé par les cartels. Il a également réaffirmé son intérêt pour le Groenland, territoire danois membre de l’OTAN, tout en précisant qu’il ne pourrait en discuter avant 20 jours.

Cette attitude, perçue par beaucoup comme un mélange de narcissisme et de démesure, contraste avec la complexité des enjeux géopolitiques. Selon des experts, le monde ne fonctionne pas selon les règles simplistes que semble imaginer le président américain.

L’administration Trump affirme travailler avec Delcy Rodríguez, qui a déclaré dimanche soir : « Nous invitons le gouvernement des États-Unis à travailler avec nous sur un programme de coopération. » Des discussions secrètes entre Washington et la vice-présidente vénézuélienne sont en cours depuis des mois, selon le Financial Times. Ali Moshiri, un ancien cadre de Chevron, estime que Delcy Rodríguez est une négociatrice compétente, connaissant bien le secteur pétrolier et capable de répondre aux attentes des investisseurs.

Cependant, la situation sur le terrain reste floue. Si Delcy Rodríguez bénéficie du soutien du secrétaire d’État américain, le pouvoir réel au Venezuela semble entre les mains du ministre de la Défense, Vladimiro Padrino López, et du ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, tous deux accusés de trafic de drogue. Les charges retenues contre Padrino ont été abandonnées dans l’acte d’accusation qui a conduit à l’arrestation de Maduro.

Trump espère que ces figures controversées coopéreront sous la menace d’une éventuelle « deuxième vague » d’intervention militaire américaine. Mais l’avenir de l’opposition démocratique vénézuélienne, menée par María Corina Machado, semble incertain. Certains observateurs craignent que Washington ne la relègue au second plan, privilégiant une transition négociée avec des acteurs compromis.

Elliott Abrams, ancien responsable de la politique latino-américaine sous l’administration Reagan, souligne que « Il me semble qu’ils se sont trompés en concluant que l’opposition n’était pas compétente pour gouverner le pays et qu’il valait mieux qu’elle travaille avec Rodríguez », sans préciser les raisons de ce choix.

Jack Devine, ancien officier de la CIA, soutient la politique de Trump, mais reconnaît qu’un véritable changement de régime aurait nécessité une planification plus approfondie et le soutien d’une partie de l’armée vénézuélienne. Il anticipe une période de transition « tendue mais nécessaire » avant de nouvelles élections.

L’un des aspects les plus ambitieux de la politique de Trump est sa conviction que les vastes réserves pétrolières du Venezuela pourront rapidement être exploitées par les entreprises américaines. Cependant, des experts du secteur pétrolier mettent en doute cette hypothèse, soulignant les difficultés et les coûts considérables liés à la relance de l’industrie vénézuélienne.

L’administration Trump a déjà contacté de grandes compagnies pétrolières pour les inciter à investir au Venezuela, et aurait donné à Delcy Rodríguez quelques jours pour modifier la législation pétrolière afin de faciliter leur entrée sur le marché. Cependant, un ancien PDG du secteur a averti que, compte tenu de l’instabilité actuelle, « Les conseils d’administration responsables n’approuveront pas les investissements au Venezuela ».

L’intervention américaine au Venezuela aura des conséquences imprévisibles. Certains alliés des États-Unis, dont la France, ont déjà condamné les actions de Washington. Comme le soulignait Machiavel, « On peut faire la guerre quand on veut, mais on ne peut pas toujours prendre sa retraite quand on veut. » Une leçon que Trump pourrait être amené à apprendre à ses dépens.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.