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Pourquoi l’Iran est-il si important sur la scène internationale ?

Publié le 13 janvier 2026. L'Iran, acteur géopolitique majeur du Moyen-Orient en raison de sa position stratégique et de ses ressources énergétiques, est secoué par des manifestations qui mettent à l'épreuve le régime de Téhéran, tandis que les…

Pourquoi l’Iran est-il si important sur la scène internationale ?

Publié le 13 janvier 2026. L’Iran, acteur géopolitique majeur du Moyen-Orient en raison de sa position stratégique et de ses ressources énergétiques, est secoué par des manifestations qui mettent à l’épreuve le régime de Téhéran, tandis que les États-Unis se disent ouverts à des négociations.

  • L’Iran est confronté à une vague de protestations déclenchées par la crise économique, qui se sont transformées en une contestation plus large du pouvoir en place.
  • Les États-Unis, après s’être retirés de l’accord nucléaire JCPOA en 2018, envisagent de nouvelles discussions avec Téhéran, notamment sur le programme nucléaire iranien.
  • La Russie et la Chine, alliés de l’Iran, critiquent la pression occidentale et les sanctions, craignant les conséquences d’un changement de régime à Téhéran.

La situation en Iran est d’autant plus préoccupante qu’elle se déroule dans une région sensible, au cœur d’un des principaux carrefours du commerce mondial de l’énergie, le détroit d’Ormuz. Le pays, riche en pétrole et en gaz, possède également d’ambitieux programmes politiques et nucléaires qui en font un acteur incontournable au Moyen-Orient. Avec plus de 93 millions d’habitants, majoritairement chiites, l’Iran est depuis deux semaines le théâtre de manifestations nationales, initialement motivées par les difficultés économiques, mais qui ont rapidement évolué vers une remise en question du régime.

Téhéran impute officiellement ces troubles à des ingérences extérieures, pointant du doigt les États-Unis et Israël. Pourtant, selon des observateurs, le gouvernement iranien semble plus disposé à négocier avec Washington qu’à engager un dialogue avec sa propre population. Le président américain Donald Trump a d’ailleurs déclaré le 11 janvier 2026 que l’Iran serait prêt à entamer des pourparlers. Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions persistantes depuis la révolution islamique de 1979 et la prise d’otages à l’ambassade américaine à Téhéran, qui ont mis fin aux relations diplomatiques entre les deux pays.

Depuis lors, les relations bilatérales ont été marquées par des divergences idéologiques, des sanctions économiques, des tensions sécuritaires et un conflit latent autour du programme nucléaire iranien. Le programme nucléaire iranien reste un point de friction majeur. Les États-Unis exigent la suspension complète de l’enrichissement de l’uranium, craignant que Téhéran ne cherche à développer une arme atomique, ce que l’Iran nie, bien qu’il ait récemment enrichi de l’uranium jusqu’à un niveau de 60 pour cent.

Au-delà des tensions directes avec les États-Unis, la stabilité dans le golfe Persique est également en jeu. Les pays arabes voisins, bien que n’étant pas des alliés de la République islamique, ont un intérêt à éviter une escalade militaire. Une attaque contre l’Iran pourrait entraîner des représailles contre des bases militaires américaines présentes dans la région. Selon Farzan Sabet, expert politique au Global Governance Center de l’Institut des études supérieures de Genève, les pays du Conseil de coopération du Golfe ont d’abord cherché à accepter l’Iran comme une réalité politique, avant de renforcer leurs capacités militaires et de rechercher des alliances stratégiques.

La rivalité régionale entre l’Iran chiite et l’Arabie Saoudite sunnite, exacerbée par la quête d’hégémonie au Moyen-Orient, est un autre facteur d’instabilité. Les attaques contre les raffineries pétrolières saoudiennes d’Abqaiq et Khurais en 2019, attribuées aux rebelles Houthis soutenus par l’Iran, ont temporairement réduit de moitié la production pétrolière saoudienne. Ces dernières années, un rapprochement prudent entre l’Iran et l’Arabie Saoudite a été observé, sous l’égide de la Chine, qui dépend de la stabilité régionale pour son approvisionnement énergétique.

Ce contexte est également suivi de près par Pékin et Moscou. La Chine, qui continue d’importer du pétrole iranien malgré les sanctions américaines, voit d’un mauvais œil les protestations et les nouvelles sanctions. La Russie, quant à elle, s’oppose fermement au mécanisme de « snapback » activé par les États-Unis et les pays européens (Allemagne, France et Royaume-Uni) pour réimposer les sanctions de l’ONU, le jugeant juridiquement inacceptable. Selon Umud Shokri, stratège et expert énergétique de l’Université George Mason, Vladimir Poutine pourrait craindre un Iran démocratique qui menacerait les intérêts russes dans la région.

« Je pense qu’ils en ont assez d’être battus par les Etats-Unis. »

Donald Trump, président américain

L’Iran, qui possède les deuxièmes plus grandes réserves de gaz naturel au monde et fait partie des trois pays les plus riches en pétrole, pourrait, une fois les sanctions levées, regagner des parts de marché au détriment d’autres pays exportateurs. Un gouvernement stable et démocratiquement élu à Téhéran pourrait, selon certains experts, bénéficier à l’ensemble de la région en mettant fin à la politique étrangère interventionniste de la République islamique.

(gg/ms)

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.