Publié le 2 février 2024 17h48. Vladimir Poutine a reçu au Kremlin des émissaires de l’administration américaine, menés par le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, dans le contexte d’une initiative de paix pour l’Ukraine, tout en réaffirmant la fermeté de la Russie face à toute menace européenne.
- Le président russe a averti qu’il était prêt à affronter l’Europe si nécessaire.
- Une délégation américaine, comprenant Jared Kushner et Steve Witkoff, a rencontré Vladimir Poutine pour discuter d’un plan de paix.
- Moscou critique les modifications apportées à un plan initial par les Européens, les accusant de vouloir bloquer tout processus de paix.
Vladimir Poutine a rencontré mardi soir au Kremlin des envoyés de l’administration américaine, dont Jared Kushner, gendre de l’ancien président Donald Trump, et Steve Witkoff, un promoteur immobilier. Cette rencontre intervient dans le cadre d’une tentative américaine de relancer les négociations pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
Peu avant l’arrivée de la délégation américaine, le chef de l’État russe a exprimé sa désapprobation face aux efforts européens visant à modifier un plan de paix initial en 28 points, jugé par Kiev et plusieurs capitales européennes comme une liste de demandes maximales de la Russie.
« Même lorsqu’ils tentent d’apporter quelques changements aux propositions de Trump, nous voyons clairement que tous ces changements ne visent qu’un seul objectif : bloquer tout le processus de paix, présenter des exigences absolument inacceptables pour la Russie… Ils n’ont pas de programme de paix, ils sont du côté de la guerre. »
Vladimir Poutine, président russe
Selon Moscou, les contre-propositions européennes ont abandonné les principales exigences russes, notamment concernant l’occupation de territoires ukrainiens, l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et les limitations imposées à la taille de l’armée ukrainienne. Des points relatifs aux futures relations entre la Russie et l’OTAN ont également été écartés.
Vladimir Poutine a accusé les dirigeants européens de s’être « coupés des liens avec la Russie » et de poursuivre une politique visant à infliger une « défaite stratégique » à son pays. Il a également affirmé que la Russie était prête à réagir militairement si l’Europe décidait de s’engager dans un conflit direct.
« Nous n’avons pas l’intention de nous battre avec l’Europe, je l’ai dit des centaines de fois. Mais si l’Europe décide soudainement de se battre et commence à se battre, alors nous sommes prêts dès maintenant. »
Vladimir Poutine, président russe
Le retour potentiel de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier a suscité des espoirs en Russie quant à une issue favorable du conflit en Ukraine, compte tenu des déclarations d’admiration de l’ancien président américain envers Vladimir Poutine et de son désir de rapprocher les États-Unis et la Russie. Cependant, les tentatives précédentes de M. Trump pour relancer les négociations de paix ont échoué, M. Poutine refusant de demander un cessez-le-feu ou de négocier directement avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Le négociateur russe Kirill Dmitriev, ancien banquier de Wall Street, a également participé aux discussions au Kremlin, après avoir été aperçu en compagnie de Jared Kushner et Steve Witkoff dans le centre de Moscou. Une photographie diffusée par les médias d’État russes montre également la présence du conseiller en politique étrangère du Kremlin, Youri Ouchakov, lors de la réunion.
Le Kremlin maintient son objectif d’« éliminer le potentiel militaire » de l’Ukraine et d’empêcher son adhésion à l’OTAN, et menace de prendre des « contre-mesures » contre les pays soutenant Kiev, voire de « couper l’Ukraine de la mer » en réponse aux attaques de drones navals contre des pétroliers russes en mer Noire.