Publié le 2025-10-25 00:23:00. Une étude clinique menée en Espagne et en France évalue l’impact d’un programme de préparation physique et psychologique sur les patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules, avant leur opération chirurgicale et leur traitement par chimio-immunothérapie.
- L’étude vise à améliorer la condition physique des patients et à réduire les risques de complications après l’opération.
- Le programme de préparation comprend un entraînement physique supervisé, un suivi nutritionnel personnalisé et un soutien psychologique.
- Les résultats de l’étude pourraient conduire à une amélioration des protocoles de traitement pour les patients atteints de cancer du poumon.
Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) représente la deuxième cause de cancer la plus fréquente au monde et demeure une cause majeure de décès liés à cette maladie. Si les taux de survie à cinq ans s’améliorent grâce aux progrès de l’immunothérapie et des thérapies ciblées, les traitements, notamment l’utilisation d’inhibiteurs de point de contrôle immunitaire (ICI) en association avec une chimiothérapie à base de platine avant la chirurgie, peuvent affaiblir la fonction pulmonaire et la condition cardiorespiratoire (CRF) des patients. Cette fragilité accrue peut augmenter le risque de complications postopératoires.
C’est dans ce contexte qu’une étude de cohorte ambispective est menée en Espagne et en France pour évaluer l’efficacité d’une préadaptation multimodale. Cette approche vise à renforcer la CRF et à améliorer la résilience chirurgicale des patients atteints de CPNPC devant subir une chimio-immunothérapie néoadjuvante, c’est-à-dire avant l’intervention chirurgicale.
Le programme de préadaptation proposé aux patients comprend trois composantes principales : un entraînement physique supervisé deux fois par semaine pendant toute la durée du traitement néoadjuvant jusqu’à l’intervention chirurgicale ; un bilan nutritionnel approfondi, suivi de la mise en place d’un plan alimentaire personnalisé ; et un soutien psychologique adapté aux besoins de chaque patient. Des conseils supplémentaires, comme l’aide à l’arrêt du tabac, seront également proposés si nécessaire.
L’étude mesurera notamment les changements dans la consommation maximale d’oxygène (VO2pic, mesurée en millilitres par kilogramme et par minute) grâce à un test d’effort cardio-pulmonaire (CPET) réalisé avant et après le traitement néoadjuvant. Les chercheurs évalueront également la faisabilité du programme (taux de recrutement, taux d’achèvement, observance et conformité à l’entraînement), la capacité fonctionnelle des patients, leur état émotionnel, la toxicité et les effets indésirables liés au traitement, ainsi que les résultats postopératoires (complications éventuelles et durée du séjour hospitalier) et la récupération de la capacité fonctionnelle après l’opération.
Cette recherche clinique, dont les résultats sont attendus prochainement, a pour objectif de fournir des données probantes sur l’efficacité, la sécurité et la faisabilité de la préadaptation pour les patients atteints de CPNPC résécable, afin de soutenir son intégration dans les protocoles de traitement standard. Plus d’informations sur l’essai sont disponibles sur ClinicalTrials.gov (NCT05636969).
Mots-clés : Thérapie néoadjuvante (NAT) ; condition physique cardiorespiratoire (CRF) ; néoplasmes pulmonaires ; prééducation.