Mis à jour le 1er décembre 2025 à 14h30. L’Italie se positionne à l’avant-garde de la prévention du VIH grâce à l’arrivée d’une nouvelle méthode : la PrEP à action prolongée, une injection qui pourrait simplifier l’observance du traitement et réduire les risques d’infection.
- La PrEP injectable à action prolongée, utilisant des médicaments à libération lente comme le Cabotégravir et le Lénacapavir, offre une alternative à la PrEP orale quotidienne.
- Des études italiennes, menées par les hôpitaux Sacco de Milan et Spallanzani de Rome, ont démontré l’efficacité de cette nouvelle méthode chez les patients ayant des difficultés à suivre un traitement oral.
- Bien que prometteuse, la PrEP à action prolongée présente un coût élevé, ce qui nécessite une approche ciblée pour son administration.
Alors que le nombre de nouveaux diagnostics de VIH en Italie reste stable, les données récentes soulignent une augmentation préoccupante des diagnostics tardifs, comme le révèle une publication à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida. Face à ce constat, l’attention se tourne de plus en plus vers les nouvelles stratégies de prévention, et notamment vers la PrEP à action prolongée.
Contrairement à ce que son nom suggère, il ne s’agit pas d’une simple injection, mais d’une PrEP qui exploite les propriétés des médicaments à action prolongée, c’est-à-dire ceux qui libèrent le principe actif lentement dans l’organisme. Deux molécules sont actuellement disponibles : le Cabotégravir, dont le remboursement par l’AIFA (Agence italienne du médicament) est en cours de négociation, et le Lénacapavir, récemment approuvé par la FDA (Food and Drug Administration) et en attente de validation par l’EMA (Agence européenne des médicaments). Le Cabotégravir est administré tous les deux mois, tandis que le Lénacapavir, tous les six mois. Des essais cliniques sont prévus pour évaluer la possibilité d’espacer davantage les injections, respectivement tous les quatre mois pour le Cabotégravir et une fois par an pour le Lénacapavir.
L’Italie occupe une position de premier plan dans ce domaine. Les premières données européennes concernant l’efficacité du Cabotégravir proviennent d’études menées conjointement par les hôpitaux Sacco de Milan et Spallanzani de Rome. Ces recherches, présentées lors du congrès européen de l’EACS, ont mis en évidence l’intérêt de cette méthode chez les patients qui rencontrent des difficultés à respecter un traitement oral.
L’observance thérapeutique est un enjeu majeur dans la prévention du VIH. La PrEP orale, qu’elle soit prise quotidiennement ou à la demande, nécessite une discipline rigoureuse. Une étude menée par les hôpitaux Spallanzani et Sacco a révélé qu’après un an et demi de suivi, seulement 50 % des personnes sous PrEP orale continuaient à suivre correctement la thérapie, l’autre moitié présentant des lacunes dans l’observance. Ces patients, pensant être protégés, s’exposent en réalité à un risque d’infection accru. La PrEP à action prolongée permet de pallier ce problème en réduisant considérablement la fréquence des prises de médicaments.
Au-delà de la simplification de l’observance, cette nouvelle méthode présente d’autres avantages. L’injection, administrée tous les deux, quatre ou six mois, voire une fois par an à terme, libère le patient de la contrainte quotidienne du traitement, réduisant ainsi le stress lié à la peur de l’infection et la stigmatisation potentielle associée à la prise de médicaments. La PrEP à action prolongée s’avère particulièrement intéressante pour les populations difficiles à atteindre, telles que les travailleuses du sexe ou les personnes souffrant de troubles psychologiques ou psychiatriques qui peuvent avoir du mal à adhérer à un traitement oral.
Cependant, la PrEP à action prolongée n’est pas sans inconvénients. Son coût élevé limite son accès et justifie une approche ciblée, en la réservant aux patients qui ne peuvent pas suivre un traitement oral ou qui rencontrent des difficultés à le faire.
Le protocole de suivi médical reste inchangé. Lors de l’injection, des tests de dépistage des infections sexuellement transmissibles sont systématiquement réalisés.
Les projets pilotes mis en place en Italie se déroulent sans rencontrer d’obstacles bureaucratiques majeurs, les comités d’éthique ayant donné leur accord pour les études en cours.
La société pharmaceutique ViiV Healthcare, spécialisée dans la recherche de traitements contre le VIH, est actuellement en phase de négociation avec l’AIFA pour fixer le prix et les modalités de distribution du médicament. Cette étape déterminera les critères d’accès à la PrEP à action prolongée.
