Publié le 24 septembre 2025 14:52:00. Une étude récente révèle que la désinformation, les tabous persistants et les difficultés d’accès aux soins entravent l’accompagnement médical des femmes traversant la ménopause, une étape de la vie qui concerne près de 30 millions de Brésiliennes.
- Près de la moitié des femmes brésiliennes souffrant de symptômes de ménopause ne reçoivent aucun traitement.
- Les symptômes sont fréquemment minimisés par l’entourage, y compris par des professionnels de santé.
- L’accès aux traitements, notamment l’hormonothérapie substitutive (THS), reste inégal et entravé par des idées reçues.
La ménopause, cette phase naturelle de la vie féminine, est trop souvent vécue dans le silence et l’incompréhension. Une enquête menée par Ipsos pour le compte de Bayer met en lumière les obstacles qui empêchent de nombreuses femmes d’accéder à des soins adaptés et de bénéficier d’une meilleure qualité de vie pendant cette période de transition.
L’étude, réalisée en août 2025 auprès de 800 femmes de toutes les régions du Brésil, révèle que 44 % des Brésiliennes présentant des symptômes de ménopause ne suivent aucun type de traitement, malgré les conséquences physiques et émotionnelles de cette étape.
Un constat alarmant est que la moitié des femmes interrogées ont vu leurs symptômes minimisés, considérés comme une « exagération » ou comme une situation « normale ». Cette tendance est particulièrement marquée chez les femmes préménopausées (65 %). L’invalidation provient principalement des membres de la famille (41 %) et des professionnels de santé (38 %).
« On apprend aux femmes à supporter leur douleur, pas à la soigner, et cela peut avoir de graves conséquences sur leur santé physique et mentale »
Ilza Monteiro, gynécologue et professeure à l’Unicamp
L’enquête souligne également des inégalités dans l’accès aux soins. Les femmes dépendant du Système Unifié de Santé (SUS) signalent des délais importants pour obtenir des consultations avec des spécialistes, tandis que celles bénéficiant d’une assurance maladie évoquent des démarches administratives complexes ou un manque de couverture. De plus, 19 % des femmes interrogées déclarent ne pas disposer d’informations suffisantes sur la ménopause et les options thérapeutiques disponibles.
L’hormonothérapie substitutive (THS), reconnue comme le traitement le plus efficace pour soulager les symptômes de la ménopause, se heurte encore à de fortes résistances. 53 % des femmes ont déclaré que leur médecin ne leur avait jamais proposé cette alternative, et 14 % ont affirmé n’avoir reçu qu’une seule option de traitement, sans discussion préalable.
Une autre enquête, réalisée par Editora Abril en 2024, a montré que 75 % des femmes ayant utilisé une THS ont constaté une amélioration significative de leur qualité de vie. Cependant, la peur demeure un frein important : 22 % des femmes interrogées associent la THS à un risque accru de cancer, 27 % craignent une prise de poids et 18 % s’inquiètent des problèmes cardiovasculaires.
« L’idée selon laquelle la THS augmente le risque de cancer vient d’études anciennes et mal interprétées. Pour la plupart des femmes, le traitement est sûr et très efficace »
Ilza Monteiro, gynécologue et professeure à l’Unicamp
L’étude révèle également des lacunes dans les connaissances de certains professionnels de santé. Le dispositif intra-utérin hormonal (DIU hormonal), qui peut être utilisé dans le cadre d’une THS et contribue à la protection de l’endomètre, n’a été proposé qu’à 2 % des patientes. Bien que cette méthode soit disponible gratuitement dans les mutuelles, seules 30 % des femmes la connaissent.
« Le droit à l’information est fondamental », insiste le Dr. Monteiro. « Les femmes doivent connaître toutes les options thérapeutiques pour pouvoir prendre, avec leur médecin, la décision la plus appropriée pour leur corps et leur qualité de vie. »
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