Un chimpanzé domestique devient une menace mortelle dans Primate, un film d’horreur à suspense qui tranche radicalement avec les productions du genre, souvent trop sombres et introspectives. Le long-métrage, réalisé par le Britannique Johannes Roberts, offre une expérience viscérale et sans fioritures, rappelant les classiques des années 1990.
L’intrigue se déroule sur une luxueuse propriété isolée, surplombant les falaises d’Hawaï. Erin (Gia Hunter), une adolescente, et son père, Adam (Troy Kotsur, oscarisé pour son rôle dans CODA), y sont rejoints par Lucy (Johnny Sequoyah), la sœur aînée d’Erin, qui revient après une période d’éloignement suite au décès de leur mère. Lucy arrive accompagnée d’amis pour un week-end sans surveillance, mais l’arrivée de Ben, le chimpanzé que la famille a adopté après le travail de linguistique de la mère, va rapidement bouleverser leurs plans.
Ben, initialement un compagnon affectueux, est mordu par une mangouste. Son comportement devient alors de plus en plus étrange et inquiétant. « Il n’est plus Ben », prévient Lucy à ses amis, alors que le chimpanzé est atteint de rage.
Le film ne perd pas de temps à plonger dans l’action. Roberts, connu pour son thriller sous-marin 47 Meters Down et sa suite, privilégie un rythme effréné, comparable à celui d’un montagnes russe. Si le réalisateur aurait pu étoffer la relation entre Ben et la famille avant sa transformation, l’intensité du récit compense largement ce léger manque de développement. La violence, sans concession, est omniprésente, avec des scènes gores et inventives qui marquent les esprits. Une victime se voit notamment le visage lacéré dès l’ouverture du film.
L’équipe du film a opté pour des effets spéciaux pratiques, une rareté dans les productions horrifiques contemporaines. Miguel Torres Umba, spécialiste du mouvement, incarne Ben avec une efficacité saisissante, renforçant l’immersion du spectateur. L’acteur Troy Kotsur apporte également une touche de chaleur au rôle du père, avec des scènes en langue des signes qui témoignent d’une volonté d’inclusion.
Primate rend hommage aux films de créatures des années 1980, tout en évitant de tomber dans la simple imitation. Si la bande originale, parfois trop synthétique, ne parvient pas toujours à créer une tension palpable, le film parvient à captiver grâce à son énergie brute et son suspense constant. Le long-métrage, qui sortira en 2026, s’annonce comme un divertissement sauvage et efficace, et pourrait bien relancer l’intérêt pour le genre horrifique après une année 2025 jugée peu inspirée.
