Home NouvellesProgramme scénique : Wolfgang Krebs · Temps forts de « Bavaria First ! »

Programme scénique : Wolfgang Krebs · Temps forts de « Bavaria First ! »

by Nicolas Lefèvre

Munich – Le cabaretiste Wolfgang Krebs explore avec humour et mordant les fantasmes d’une Bavière indépendante dans son nouveau spectacle, « Bavière d’abord ». Entre satire politique et rêveries identitaires, le spectacle dresse un portrait acide des figures emblématiques de la politique bavaroise.

Krebs se glisse dans la peau de plusieurs Premiers ministres bavarois successifs – Edmund Stoiber, Horst Seehofer et Markus Söder – ainsi que de leur adjoint actuel, Hubert Aiwanger, et du personnage fictif Schorsch Scheberl. Le fil rouge du spectacle ? L’idée, chère à Stoiber, d’une Bavière souveraine, fière de ses contributions financières au reste de l’Allemagne.

« La Bavière d’abord » imagine les conséquences d’une telle indépendance. Pour Markus Söder, il ne fait aucun doute que lui seul serait à la hauteur pour régner : « Mon premier acte officiel serait de mettre fin à l’adhésion de la Bavière à la République fédérale, pour des raisons personnelles », ironise Krebs en incarnant le Premier ministre actuel.

Horst Seehofer, quant à lui, prévient qu’une éventuelle sortie de la République fédérale devrait être gérée avec plus de finesse que le Brexit : « Il faut sortir de la République fédérale, mais pas de l’Union européenne », explique-t-il dans le spectacle.

Hubert Aiwanger, vice-Premier ministre, semble être le seul à ne pas adhérer à cette vision d’une nouvelle monarchie bavaroise. Le spectacle suggère que son projet de domination mondiale par les électeurs libres pourrait le mener à se transformer en « Zweiwanger » puis en « Dreiwanger ».

Le personnage de Schorsch Scheberl, représentant d’une communauté rurale fictive nommée Untergamskobenzeißgrubengernhaferverdimmering, apporte une touche d’absurde au spectacle. Une simple consommation d’Aperol par le pasteur protestant local déclenche ainsi une véritable course à l’armement alcoolique entre protestants et catholiques.

Au terme de ce voyage satirique dans les méandres de l’identité bavaroise, le public se demandera s’il s’agit d’un rêve réalisable ou d’une simple fantaisie : « À la fin de ce rêve bavarois d’un royaume indépendant, les gens diront-ils vraiment : Oh oui, ce serait bien ! Ou plutôt : Dieu merci, ce n’était qu’un rêve ! »

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