Le cancer du poumon, première cause de décès par cancer aux États-Unis, pourrait être détecté plus tôt chez de nombreux patients grâce à un dépistage annuel. Pourtant, malgré des recommandations établies depuis plus de dix ans, moins de 20 % des personnes à risque bénéficient de cet examen vital.
Des études cliniques rigoureuses, menées sous forme d’essais randomisés, ont démontré que le dépistage annuel du cancer du poumon permet de réduire d’environ 20 % la mortalité spécifique liée à cette maladie chez les individus présentant un risque élevé en raison de leur âge et de leurs antécédents de tabagisme. Le groupe de travail américain sur les services préventifs (United States Preventive Services Task Force) recommande ce dépistage depuis plus d’une décennie.
Plusieurs obstacles expliquent ce faible taux d’adoption. Un manque de sensibilisation du public, la stigmatisation associée au tabagisme, des croyances pessimistes concernant le cancer du poumon et une organisation fragmentée des systèmes de santé contribuent à cette sous-utilisation. « Il est crucial de briser ces barrières pour garantir que les personnes à risque aient accès à un dépistage précoce », explique un spécialiste du cancer.
Ces difficultés d’accès au dépistage touchent de manière disproportionnée les populations historiquement défavorisées, exacerbant les inégalités en matière de santé. Les disparités observées concernent notamment l’origine ethnique, la race, le lieu de résidence (en particulier les zones rurales), le niveau socio-économique et la couverture d’assurance. À ce stade, il est impératif de mettre en place des stratégies ciblées pour réduire ces inégalités et améliorer l’accès au dépistage pour tous.