Home SantéProtéine C-réactive de haute sensibilité, un marqueur clé avec le cholestérol dans l’évaluation cardiaque

Protéine C-réactive de haute sensibilité, un marqueur clé avec le cholestérol dans l’évaluation cardiaque

by Sophie Martin

Publié le 26 décembre 2025 18:22:00. Les maladies cardiovasculaires, première cause de décès dans le monde occidental, pourraient bénéficier d’une nouvelle arme préventive : le dépistage systématique de la protéine C-réactive (CRP) de haute sensibilité, désormais recommandée par le Collège américain de cardiologie.

  • Le Collège américain de cardiologie (ACC) préconise désormais le dépistage universel de la protéine C-réactive de haute sensibilité (CRP-us) pour améliorer la prévention des maladies cardiovasculaires.
  • La CRP-us permet de détecter de faibles niveaux d’inflammation, un facteur de risque souvent sous-estimé, et offre une meilleure évaluation du risque cardiovasculaire que le cholestérol seul.
  • Cette nouvelle approche, combinée à la mesure du cholestérol LDL et de la lipoprotéine(a), vise à personnaliser les stratégies de prévention et à réduire les événements cardiovasculaires.

Malgré des décennies de recherche et de prévention, les maladies cardiovasculaires restent la principale cause de décès dans de nombreuses régions occidentales. Face à ce défi persistant, les experts se penchent sur de nouveaux marqueurs et approches pour mieux identifier les personnes à risque et adapter les traitements.

Selon les dernières recommandations du Collège américain de cardiologie, la mesure de la protéine C-réactive de haute sensibilité (CRP-us) s’impose désormais comme un outil essentiel, au même titre que le dosage du cholestérol. La CRP-us permet de détecter de faibles niveaux d’inflammation systémique, un indicateur précoce de risque cardiovasculaire souvent négligé.

La déclaration scientifique de l’ACC, publiée en 2025, recommande le dépistage de la CRP-us chez les adultes présentant un risque intermédiaire ou des facteurs de risque peu clairs, en complément de la mesure du cholestérol LDL et de la lipoprotéine(a), pour une évaluation complète et personnalisée des risques.

Des études prospectives, telles que JUPITER et CANTOS, ont démontré que la réduction de la CRP-us, grâce à des statines ou des anti-inflammatoires, permet de diminuer significativement les événements cardiovasculaires, même chez les personnes ayant un taux de cholestérol LDL normal. La CRP-us s’avère ainsi un indicateur prédictif puissant du risque de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et de décès cardiovasculaire, surpassant même le cholestérol LDL dans la prédiction des événements récurrents.

Produite par le foie en réponse à des infections, des lésions tissulaires, des maladies auto-immunes, de l’obésité ou du diabète, cette protéine témoigne d’une activation du système immunitaire. Son dosage, simple et rapide, se réalise par une simple prise de sang en laboratoire.

L’interprétation clinique de la CRP-us se base sur trois catégories : des valeurs inférieures à 1 mg/L sont associées à un faible risque cardiovasculaire, entre 1 et 3 mg/L à un risque intermédiaire, et supérieures à 3 mg/L à un risque élevé. Des taux persistants au-dessus de 2 mg/L sont considérés comme un facteur aggravant par l’ACC. Si la CRP-us dépasse 10 mg/L, une nouvelle mesure est recommandée après avoir éliminé toute infection ou processus inflammatoire aigu.

Le diagnostic du risque cardiaque ne se limite plus au seul cholestérol LDL, dit « mauvais cholestérol », qui était au cœur de la pratique clinique depuis les années 1950. Les experts soulignent que la CRP-us constitue un marqueur complémentaire, voire plus prédictif dans certains cas, sans pour autant remplacer le cholestérol LDL comme objectif principal de la prévention cardiovasculaire.

L’inflammation se positionne désormais comme un facteur clé dans cette nouvelle approche. Lorsqu’un vaisseau sanguin est endommagé par des niveaux élevés de glucose ou par le tabagisme, les cellules immunitaires s’accumulent et entourent les particules de cholestérol, formant des plaques qui adhèrent aux parois artérielles. Ce processus, qui peut s’étaler sur des décennies, aboutit à la rupture de la plaque et à la formation de caillots bloquant la circulation sanguine, pouvant entraîner une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral.

Le niveau de protéine C-réactive est influencé à la fois par l’héritage génétique et par les habitudes de vie. Diverses études, notamment celles relayées par La Conversation, confirment l’impact positif d’une alimentation riche en fibres (légumineuses, légumes, noix, graines), en fruits rouges, en huile d’olive, en thé vert, en graines de chia et de lin, pour réduire l’inflammation. L’activité physique régulière et la perte de poids contribuent également à abaisser les niveaux de ce biomarqueur.

Ces mêmes habitudes influencent également les taux d’apolipoprotéine B, qui reflètent la quantité de particules de cholestérol dans le sang. Un nombre élevé de particules est associé à un risque accru, indépendamment du taux de cholestérol LDL total. Les fibres, les fruits secs et les acides gras oméga-3 contribuent à réduire ces valeurs, tandis qu’une consommation excessive de sucre les augmente.

La lipoprotéine(a), quant à elle, favorise l’accumulation de particules de cholestérol dans les plaques artérielles et constitue un facteur de risque important, bien que sa concentration soit déterminée uniquement par la génétique et ne puisse être modifiée par le mode de vie. Un dosage unique suffit donc à l’intégrer dans l’évaluation globale du risque cardiovasculaire.

En septembre 2025, le Collège américain de cardiologie a recommandé l’intégration du dépistage systématique de la protéine C-réactive, ainsi que d’autres marqueurs, dans les examens réguliers des adultes. Ces nouvelles recommandations visent à fournir aux professionnels de santé un profil de risque plus complet et à permettre la mise en place d’interventions préventives personnalisées.

Bien que ces recommandations aient été initialement mises en œuvre aux États-Unis, leur adoption pourrait s’étendre à d’autres régions, compte tenu de la forte prévalence des facteurs de risque et de l’impact des maladies cardiovasculaires en Europe et en Amérique latine.

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