La cheffe du gouvernement de l’État du Bengale occidental, Mamata Banerjee, a lancé un appel vibrant aux femmes de la région pour qu’elles dénoncent les agissements qu’elle qualifie d’abus commis par les Forces de sécurité des frontières (BSF) dans les zones limitrophes. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions croissantes concernant le traitement des populations frontalières et la révision des listes électorales.
Lors d’un rassemblement du Trinamool Congress à Cooch Behar, Mamata Banerjee a exhorté les femmes à prendre les devants dans cette contestation. « Que nos mères et nos sœurs s’unissent et dénoncent les actions de la BSF dans les zones frontalières », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle souhaitait voir les femmes du Bengale occidental se montrer « plus courageuses et plus fortes » que celles affiliées au BJP.
La cheffe du gouvernement a également appelé les habitants à rester unis et à ne pas céder à l’intimidation des forces centrales. Elle avait déjà ordonné à la police, lors d’une réunion administrative lundi, de réagir rapidement à toute information faisant état de harcèlement de la part de la BSF.
Mme Banerjee a réaffirmé son engagement à ne pas autoriser la création de camps de détention dans le Bengale occidental tant qu’elle sera au pouvoir. « Personne ne sera refoulé. Tant que le Trinamool Congress sera au pouvoir, il n’y aura pas de camps de détention ici. Nous ne nous soumettrons pas au BJP », a-t-elle insisté.
Elle a également annoncé que son gouvernement s’efforce de rapatrier quatre ressortissants bengalis parlant la langue locale, actuellement bloqués au Bangladesh. Parmi eux, Sunali Khatun, une femme enceinte, a déjà été réunie avec son fils de huit ans à Birbhum. « Malgré la possession de documents de citoyenneté valides, la BSF les a forcés à traverser la frontière », a-t-elle dénoncé.
L’affaire rappelle celle de six habitants du village de Paikar, dans le district de Murarai (Birbhum), qui auraient été expulsés de force vers le Bangladesh en juin dernier, sous le soupçon d’être des citoyens bangladais. Mme Banerjee a lié cet incident à la révision intensive et spéciale (SIR) en cours des listes électorales, suggérant que la Commission électorale pourrait annoncer les dates des prochaines élections législatives dès la publication de la liste finale des électeurs, afin d’éviter toute contestation juridique.
Elle a par ailleurs accusé des noms de véritables électeurs d’être supprimés de la liste, affirmant même que « des personnes vivantes sont marquées comme décédées » dans les registres mis à jour. Lors d’une visite de deux jours à Cooch Behar, elle a remis en question la rapidité de la SIR lors d’une réunion administrative au Rabindra Bhavan. « Pourquoi cette hâte ? La dernière fois que cela a été fait, en 2002, le processus a pris deux ans. Je ne comprends pas comment une Commission électorale impartiale peut sembler aussi partiale », a-t-elle déclaré.
Enfin, la cheffe du gouvernement a accusé le gouvernement central de retenir des fonds dus au Bengale occidental au titre des programmes MGNREGA (Mahatma Gandhi National Rural Employment Guarantee Act) et de logement, malgré une directive de la Cour suprême. Elle a dénoncé une tentative du gouvernement dirigé par le BJP de « stranguler financièrement le Bengale occidental », déchirant même une lettre envoyée par le gouvernement central sur scène, qu’elle a qualifiée d’imposant des conditions injustes au programme d’emploi.