Publié le 24 septembre 2025 15:22:00. Une nouvelle étude remet en question l’efficacité du modèle économique argentin basé sur l’industrialisation par substitution aux importations (ISI) mis en place jusqu’au milieu des années 1970, suggérant que ses limites étaient atteintes bien avant la crise de 1975.
Selon une récente analyse menée par Ariel Coremberg et Emilio Ocampo, l’économie argentine n’a pas aussi bien performé qu’on le croit généralement sous le régime corporatiste de l’industrialisation par substitution aux importations (ISI). L’étude, disponible via Samir Varma, avance que la croissance du produit intérieur brut (PIB) par habitant, bien que supérieure aux moyennes historiques de l’Argentine, était inférieure à celle d’autres pays comparables et à son potentiel réel compte tenu des ressources et des investissements du pays.
Les auteurs soulignent que des distorsions des prix relatifs et une mauvaise allocation du capital ont engendré des inefficacités significatives, freinant le dynamisme économique et limitant les gains de productivité. Ils appuient leur hypothèse en utilisant diverses méthodes empiriques, notamment des ratios comparatifs du PIB par habitant, une analyse de convergence, une comptabilité de la croissance et une analyse cyclique de pointe à pointe, complétées par une interprétation historique.
« Bien que les modifications apportées au régime du CISI après 1955 aient temporairement amélioré ses performances, au début des années 1970, il avait épuisé sa capacité à soutenir la croissance. La stagnation prolongée qui a suivi la crise de 1975 peut s’expliquer par l’incapacité des gouvernements successifs à vaincre la résistance de groupes d’intérêt bien établis et à achever ainsi la transition vers une économie de marché ouverte. »
Ariel Coremberg et Emilio Ocampo
L’étude indique que les tentatives de réformes après 1955 n’ont offert qu’un répit temporaire. Au début des années 1970, le modèle ISI avait déjà atteint ses limites. La crise de 1975 et la stagnation qui a suivi seraient donc le résultat de l’incapacité des gouvernements à surmonter les obstacles posés par des intérêts acquis et à mener à bien une transition vers une économie de marché plus ouverte.
Les auteurs notent également que les changements de régime fréquents ont favorisé les conflits sociaux, l’instabilité politique et l’incertitude macroéconomique, sapant ainsi les gains de productivité durables nécessaires à une croissance à long terme.
À lire aussi
