Publié le 15 janvier 2026 à 19h38. La pression croissante de l’administration américaine sur la Réserve fédérale américaine suscite une inquiétude discrète chez les décideurs, tandis que les marchés financiers semblent pour l’instant indifférents, une situation que certains experts estiment fragile.
- Les marchés financiers semblent pour l’instant peu affectés par les tensions entre l’administration américaine et la Réserve fédérale.
- Un rapport de Bloomberg met en garde contre un possible changement de comportement des investisseurs si l’indépendance de la banque centrale est remise en question.
- La Cour suprême des États-Unis doit se prononcer le 21 janvier sur une tentative de limogeage d’une membre de la Fed, Lisa Cook.
Alors que l’administration du président Donald Trump intensifie ses pressions sur la Réserve fédérale, les marchés financiers affichent une sérénité qui contraste avec l’inquiétude grandissante des responsables économiques. Les taux d’intérêt obligataires américains sont restés stables et les indices boursiers ont atteint des niveaux records, malgré les récentes déclarations et actions de l’administration.
Un rapport analytique publié par Bloomberg souligne que ce calme pourrait être de courte durée. Selon l’agence, une remise en question de l’indépendance de la banque centrale américaine pourrait rapidement modifier les stratégies des investisseurs. Le rapport met en particulier l’accent sur l’inquiétude exprimée par le président de la Fed, Jérôme Powell, qui a exprimé une préoccupation sans précédent face aux interventions de l’administration Trump. Il aurait même publié une déclaration de protestation et enregistré un message vidéo, des gestes rares qui témoignent de la gravité de la situation. Plusieurs de ses homologues internationaux auraient également exprimé leur soutien.
Pour l’instant, les marchés semblent parier sur la solidité institutionnelle de la Fed. Les anticipations d’ inflation (2,35 % à long terme) sont restées relativement stables depuis la victoire de Trump en novembre 2024. En début de séance jeudi, les principaux indices de Wall Street affichaient une hausse : le Dow Jones Industrial Average a progressé de 0,10 %, l’indice Standard & Poor’s 500 de 0,62 %, et le Nasdaq de 0,95 %.
Les analystes de la Fed estiment que les décisions concernant les taux d’intérêt nécessitent une majorité au sein du Comité fédéral de l’Open Market, une majorité que l’administration Trump ne peut pas garantir pendant son mandat, même en nommant un nouveau président. Cependant, Bloomberg met en garde contre un facteur de risque majeur : l’audience devant la Cour suprême des États-Unis, prévue le 21 janvier, concernant les efforts de Trump pour limoger Lisa Cook, membre de la Fed.
Selon Elliot Stein, analyste des litiges chez Bloomberg, il y a 60 % de chances que Lisa Cook conserve son poste, la Cour suprême considérant la Réserve fédérale comme une entité distincte des autres agences gouvernementales, ce qui rend plus difficile sa révocation. Néanmoins, le rapport souligne que le succès du limogeage de Cook pourrait constituer un point de bascule, ouvrant la voie à des pressions sur d’autres membres du Conseil de réserve et permettant à la Maison Blanche d’exercer une influence plus importante sur la politique monétaire.
Les analystes de Standard Chartered, Stephen Englander et John Davies, avertissent également qu’une accusation formelle contre Jerome Powell lui-même pourrait déclencher une réaction violente des investisseurs, entraînant une pression sur le dollar et une perte de crédibilité de la politique monétaire américaine.
Pour l’instant, les marchés semblent faire confiance à l’indépendance de la Fed, mais Bloomberg souligne que cette confiance est fragile et qu’un seul événement juridique ou politique pourrait suffire à transformer l’inquiétude de la banque centrale en une anxiété que les marchés intégreraient rapidement.


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