Publié le 2025-10-13 06:25:00. Le nombre de cas et de décès liés au cancer a connu une augmentation spectaculaire au cours des trois dernières décennies et cette tendance devrait s’accentuer d’ici 2050, selon une étude de l’université de Washington publiée dans The Lancet. Si les progrès thérapeutiques sont réels, ils ne suffisent pas à enrayer cette progression, particulièrement dans les pays à faibles et moyens revenus.
- En 2023, 18,5 millions de nouveaux cas de cancer et 10,4 millions de décès y ont été recensés dans le monde.
- Plus de 40 % des décès liés au cancer sont attribuables à des facteurs de risque évitables, notamment le tabagisme et une mauvaise alimentation.
- Les prévisions pour 2050 tablent sur 30,5 millions de nouveaux cas et 18,6 millions de décès.
Une analyse approfondie, menée par les collaborateurs du Global Burden of Disease (GBD) 2023, révèle une augmentation alarmante de l’incidence et de la mortalité liées au cancer à l’échelle mondiale. L’étude, qui porte sur 47 types de cancer et couvre la période 1990-2023, dresse un tableau préoccupant de l’évolution de cette maladie et de ses facteurs de risque dans 204 pays et territoires.
En 2023, le cancer est devenu la deuxième cause de décès dans le monde, après les maladies cardiovasculaires, avec 18,5 millions de nouveaux cas et 10,4 millions de décès (hors cancers de la peau non mélanomiques). Ces chiffres représentent une augmentation de plus de 100 % des cas et de 74 % des décès par rapport à 1990. L’étude souligne que les pays à revenus faibles et moyens sont les plus touchés par cette progression.
Les chercheurs ont identifié que 42 % des décès par cancer, soit environ 4,3 millions de personnes, sont liés à des facteurs de risque évitables. Le tabagisme est en tête de liste, responsable de 21 % des décès dans le monde et constituant le principal facteur de risque dans la majorité des pays. Dans les pays à faible revenu, l’exposition à des infections sexuellement transmissibles est également un facteur de risque majeur. Il est également à noter que les hommes sont plus susceptibles de mourir du cancer en raison de ces facteurs de risque (46 %) que les femmes (36 %).
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En 2023, les cancers du sein (le plus fréquemment diagnostiqué) et de la trachée, des bronches et du poumon (responsables du plus grand nombre de décès) ont été les plus courants. L’étude met en évidence des disparités régionales significatives : le Liban a enregistré la plus forte augmentation de l’incidence et de la mortalité, tandis que les Émirats arabes unis ont connu la plus forte diminution de l’incidence et le Kazakhstan, la plus forte diminution de la mortalité.
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Les prévisions pour 2050 sont alarmantes : environ 30,5 millions de nouveaux cas et 18,6 millions de décès liés au cancer sont attendus à l’échelle mondiale. Cette augmentation sera particulièrement marquée dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, en raison de la croissance et du vieillissement de leur population. Cependant, les chercheurs soulignent que le taux de mortalité ajusté en fonction de l’âge devrait diminuer légèrement, ce qui suggère que l’augmentation du fardeau du cancer est principalement due à des facteurs démographiques et non à l’émergence de nouveaux risques. La probabilité de décès par cancer entre 30 et 70 ans ne devrait diminuer que de 6,5 % d’ici 2030, un chiffre insuffisant pour atteindre l’objectif fixé par l’ONU de réduire d’un tiers la mortalité prématurée due aux maladies non transmissibles.
Les auteurs de l’étude insistent sur l’urgence d’une action coordonnée. La prévention, le diagnostic précoce et l’accès équitable à des traitements de qualité sont essentiels, en particulier dans les pays aux ressources limitées. Avec quatre décès sur dix liés à des facteurs de risque modifiables, des politiques publiques et des changements de comportement, tels que la réduction du tabagisme et l’amélioration de la nutrition, pourraient avoir un impact significatif sur la mortalité. L’étude recommande également de renforcer les systèmes de surveillance du cancer afin d’orienter les décisions de santé publique et l’allocation des ressources.
Bien que l’étude s’appuie sur les meilleures données disponibles, elle présente certaines limites, notamment le manque de données de qualité dans les pays pauvres, l’exclusion des infections connues pour causer le cancer (telles que Helicobacter pylori ou Schistosoma hématobium) et l’absence de prise en compte de l’impact de la pandémie de Covid-19, des conflits récents ou des futures découvertes médicales. Néanmoins, elle fournit des orientations précieuses aux gouvernements et aux organisations internationales pour élaborer des politiques mondiales de lutte contre le cancer efficaces et équitables.
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