Home SantéQue pense le médecin-chef d’Epic de la santé de ChatGPT ?

Que pense le médecin-chef d’Epic de la santé de ChatGPT ?

by Sophie Martin

Alors que l’intelligence artificielle s’invite de plus en plus dans le domaine de la santé, Epic, l’un des principaux fournisseurs de dossiers médicaux électroniques (DME), mise sur une approche prudente et intégrée. L’entreprise, basée dans le Wisconsin, développe Emmie, un assistant numérique destiné à accompagner les patients, en réponse à l’émergence de solutions concurrentes comme ChatGPT for Health d’OpenAI.

Le Dr Jackie Gerhart, médecin-chef d’Epic et médecin de famille, rejette l’idée d’une occasion manquée. « Je ne qualifierais pas cela d’opportunité manquée, mais plutôt d’un développement réfléchi sur plusieurs années, en parallèle d’autres améliorations apportées à MyChart, et d’une IA qui sera réellement adaptée à vos antécédents médicaux et à vos soins personnels », explique-t-elle.

Emmie ne se contentera pas de répondre à des questions simples, comme la création d’un programme d’exercices ou l’explication des résultats d’analyses. L’assistant numérique sera capable de proposer des actions concrètes pour améliorer la santé des patients. Borno Akhter, responsable des efforts d’IA chez Epic, précise : « L’une des fonctionnalités d’Emmie, lancée l’année dernière, consiste à examiner les instructions données par le médecin lors des consultations précédentes et à créer des tâches réalisables pour le patient. Ainsi, lorsqu’un patient se connecte, Emmie lui indiquera : « Voici les deux tâches à suivre, basées sur les recommandations de votre médecin. »

La différence fondamentale entre Emmie et des outils comme ChatGPT for Health, selon le Dr Gerhart, réside dans la capacité à aider les patients à passer à l’action. « Avec ChatGPT, vous pouvez obtenir des informations, mais cela nécessite de les rechercher, de les organiser et de savoir où trouver les ressources pour les mettre en œuvre », explique-t-elle. « Nous, nous voulons non seulement informer, mais aussi aider les patients à agir concrètement. »

Par exemple, après une intervention chirurgicale, Emmie peut alerter le patient des étapes à suivre et l’aider à organiser son suivi postopératoire. « Emmie guidera le patient à travers des processus complexes, comme la prise de rendez-vous, la gestion des consultations de suivi et la planification de son rétablissement, en fonction de l’opération subie », illustre le Dr Gerhart. « Au lieu de se demander « J’ai subi une opération du genou, que dois-je faire ensuite ? », Emmie anticipe ses besoins. »

Epic parie sur le fait qu’Emmie, une fois pleinement opérationnelle et adoptée par les prestataires de soins, sera un outil plus performant grâce à son intégration au DME et à sa connaissance approfondie du dossier médical du patient. Les premiers utilisateurs incluent le Rush University System of Health à Chicago, Ochsner Health à La Nouvelle-Orléans et Lehigh Valley Health Network en Pennsylvanie orientale (qui fait désormais partie de Jefferson Health).

Le Dr Gerhart exprime également des réserves quant à la conformité de ChatGPT for Health à la loi HIPAA, soulignant qu’il opère en dehors d’un DME certifié. Elle s’interroge également sur le modèle économique d’OpenAI, qui propose un service gratuit. « Je suis toujours curieuse de savoir ce qu’il advient des informations que je partage sur mes soins médicaux lorsque j’utilise un service gratuit », remarque-t-elle.

Emmie pourra également analyser des photos de cartes d’assurance pour répondre aux questions sur les franchises et les remboursements, et extraire des données des appareils portables via Apple HealthKit et Google Fit. À terme, Epic envisage une connectivité directe via Bluetooth entre les appareils et MyChart.

Cependant, le déploiement complet des fonctionnalités d’Emmie prendra du temps. Si certaines dates mentionnées lors de présentations internes évoquent novembre 2025, Borno Akhter indique que ces fonctionnalités pourraient être disponibles « dans un mois ou deux », tandis que d’autres sont prévues pour novembre 2026 ou dans un « futur » plus lointain. La question demeure de savoir si une approche « réfléchie » doit nécessairement se traduire par une lenteur d’exécution.

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