Publié le 7 novembre 2023 14:52. Des avions militaires américains, dont un appareil de combat sophistiqué, ont été déployés sur le sol salvadorien, un mouvement qui s’inscrit dans un contexte de tensions régionales croissantes et d’intensification de la lutte antidrogue.
Au moins trois avions militaires américains sont stationnés à l’aéroport international du Salvador, selon une enquête du New York Times basée sur des images satellites, des communications de contrôle aérien et des données de suivi des vols. Parmi ces appareils figure l’AC-130J Ghostrider, un avion de combat conçu pour la destruction de cibles terrestres ou maritimes grâce à ses missiles et à son armement lourd.
L’AC-130J Ghostrider est exploité par le commandement des opérations spéciales de l’armée de l’air américaine et est dédié à des missions militaires sensibles. L’enquête a également identifié un avion de reconnaissance de la marine américaine, un P-8A Poséidon, capable de collecter des renseignements à haute altitude et d’engager des cibles navales, ainsi qu’un avion C-40, dont la mission précise demeure inconnue.
Deux responsables militaires américains, sous couvert d’anonymat, ont confirmé au New York Times que la présence de ces avions au Salvador est liée à l’augmentation des opérations de lutte contre le trafic de drogue dans la région. Ils ont précisé que le poste de sécurité coopératif de Comalapa, une base militaire américaine située à l’aéroport principal du Salvador, est utilisé pour ces opérations.
Ce déploiement s’effectue alors que l’administration du président Donald Trump a multiplié les interventions contre des navires soupçonnés de trafic de drogue dans les eaux caribéennes et du Pacifique. Washington a également renforcé sa présence militaire dans la région, avec le déploiement d’environ 10 000 soldats, de drones, de bombardiers et d’au moins huit navires de guerre, auxquels s’ajoutera le porte-avions Gerald R. Ford.
La relation entre Donald Trump et le président salvadorien Nayib Bukele inclut également l’incarcération de personnes expulsées des États-Unis dans la prison à sécurité maximale du Salvador, connue sous le nom de CECOT.
Selon les données analysées par le New York Times, le P-8A Poséidon a effectué au moins six missions au-delà des frontières salvadoriennes, tandis que les deux autres avions ont effectué au moins une mission chacun. On ignore pour l’instant si ces appareils ont participé aux récentes opérations aériennes dans la région.
L’ancien chef du Commandement Sud, James Stavridis, a déclaré au journal que la base de Comalapa a été utilisée par le passé pour des opérations humanitaires et de lutte contre les stupéfiants, mais qu’elle est aujourd’hui davantage orientée vers la « puissance dure ». « La base est très, très importante pour le soft power, mais aujourd’hui elle est clairement utilisée pour la puissance dure », a-t-il affirmé.
Contactés par le New York Times, ni le bureau de Nayib Bukele ni l’ambassade du Salvador aux États-Unis n’ont répondu aux demandes de commentaires concernant le déploiement de ces avions.
