Home MondeQue se cache-t-il derrière la doctrine « Donroe » du président américain Trump ?

Que se cache-t-il derrière la doctrine « Donroe » du président américain Trump ?

by Clara Dubois

Publié le 6 janvier 2026. L’administration Trump semble redéfinir la politique étrangère américaine en s’appuyant sur une version revisitée de la doctrine Monroe, baptisée « Donroe », qui pourrait entraîner un désengagement progressif des États-Unis vis-à-vis de l’Europe et une concentration accrue sur l’hémisphère occidental.

  • La doctrine « Donroe » réaffirme l’influence américaine en Amérique latine et dans les Caraïbes.
  • Cette nouvelle approche pourrait remettre en question l’importance des alliances traditionnelles, notamment l’OTAN.
  • Les États-Unis pourraient intensifier leur pression sur des pays comme Cuba, le Mexique et la Colombie.

La doctrine Monroe, formulée en 1823 par le président James Monroe, visait initialement à empêcher toute intervention européenne en Amérique du Sud, considérée comme une zone d’expansion économique pour les États-Unis. À l’époque, de nombreux pays d’Amérique latine venaient d’accéder à l’indépendance et cherchaient à définir leur propre voie de développement. Les États-Unis souhaitaient alors exercer une influence prépondérante dans cette région, qu’ils considéraient comme leur « arrière-cour ».

Le terme « Donroe » est né d’une ironie, repris par le New York Post il y a environ un an. Il s’agit d’une adaptation de la doctrine Monroe, le « D » de « Donald » remplaçant le « M » de Monroe. Le président Trump a lui-même adopté ce nom après l’action militaire américaine au Venezuela, signe de son approbation.

La nouvelle stratégie de sécurité américaine, récemment publiée, intègre explicitement cette doctrine. Le document stipule que « après des années de non-respect, les États-Unis réaffirmeront et appliqueront la doctrine Monroe pour restaurer la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental ». Le ministre de la Défense, dont le nom n’a pas été précisé dans la source, a également affirmé que le président Trump entend rétablir la domination et la dissuasion américaines dans la région d’ici 2026.

Cette réorientation stratégique pourrait avoir des conséquences significatives pour l’Europe. Si elle est appliquée de manière rigoureuse, la doctrine « Donroe » impliquerait que les États-Unis se concentrent principalement sur leur sphère d’influence et laisseraient l’Europe gérer ses propres affaires, ce qui pourrait affaiblir les alliances existantes, comme l’OTAN. Le soutien américain à l’Ukraine dans sa défense contre la Russie pourrait également être remis en question.

Lors d’interviews, le président Trump a déjà évoqué les pays qu’il souhaiterait cibler à l’avenir. Après l’arrestation de Nicolás Maduro, il a notamment qualifié la Colombie de « très malade », accusant son dirigeant de produire et de vendre de la cocaïne aux États-Unis, affirmant que cette situation ne durerait pas longtemps. Il a également mentionné le Mexique, qu’il juge contrôlé par les cartels de la drogue, tout en reconnaissant apprécier son président.

Selon des sources, une prise de contrôle du Groenland reste également un objectif pour l’administration Trump, qui justifie cette ambition par des préoccupations de sécurité nationale, évoquant la présence de navires russes et chinois dans la région et l’incapacité du Danemark à faire face à cette menace.

Le politologue américain Andrew Denison estime que Cuba pourrait être la prochaine cible des États-Unis, d’autant plus que l’île se trouve désormais isolée après la perte de son allié vénézuélien. Une intervention américaine à Cuba ne manquerait pas d’attirer l’attention de la Chine et de la Russie, qui pourraient y voir une provocation. L’objectif principal de cette doctrine serait de contrer l’influence croissante de ces deux puissances dans l’hémisphère américain.

Pour l’Allemagne et l’Europe, cette nouvelle doctrine pourrait signifier un isolement accru, les États-Unis devenant un partenaire militaire de moins en moins fiable. Ralf Stegner, homme politique du SPD, a déclaré sur Deutschlandfunk que de nombreux responsables politiques allemands et européens ont jusqu’à présent adopté une attitude opportuniste, cherchant à ne pas contrarier l’administration Trump par crainte de perdre le soutien américain. Il estime qu’une telle approche n’est pas tenable.

Stegner a appelé les chefs d’État et de gouvernement européens à renforcer leur coopération et à s’appuyer sur leurs propres forces. L’Allemagne, en particulier, pourrait exploiter ses atouts en tant que puissance moyenne et utiliser sa force économique pour promouvoir ses intérêts, en collaborant avec des partenaires de même niveau, tels que le Canada et le Japon.

Doctrine « Donroe » : Trump revendique l’hémisphère occidental pour l’Amérique (Audio)

Ce reportage a été diffusé le 6 janvier 2026 sur Deutschlandfunk.

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