Publié le 2024-02-29 14:35:00. De la prédiction paysanne aux observations scientifiques, l’Irlande entretient une longue tradition de divination météorologique, où chaque jour de l’année est associé à des signes annonciateurs du temps à venir.
- Les anciens Irlandais utilisaient des indicateurs naturels – le ciel, le comportement des animaux, les plantes – pour anticiper les conditions météorologiques, cruciales pour l’agriculture.
- De nombreux dictons populaires, transmis de génération en génération, persistent encore aujourd’hui, bien que leur validité scientifique soit souvent remise en question.
- Des initiatives comme le podcast de Met Éireann explorent l’origine de ces croyances et tentent de démêler le vrai du faux.
En Irlande, la météo est un sujet de conversation quotidien. Autrefois, en l’absence de prévisions météorologiques modernes, les populations se fiaient à leur observation attentive de la nature et à un riche folklore pour tenter de prédire le temps. Dans une économie largement agricole, la capacité à anticiper les conditions météorologiques était essentielle pour assurer de bonnes récoltes et la prospérité des communautés.
Chaque saison, et même chaque jour, était associé à des signes spécifiques. On pensait, par exemple, qu’un hiver particulièrement froid était de bon augure pour le printemps, présageant l’absence de maladies. Un dicton populaire illustre cette croyance :
« Un Noël vert fait un cimetière gras »
Entre Noël et la Fête de la Sainte Brigitte (1er février), les Irlandais s’attendaient traditionnellement aux conditions les plus rigoureuses de l’année. Un mois de février doux était perçu comme un mauvais présage, tandis que le chant du coucou avant l’apparition des feuilles sur les arbres annonçait une récolte maigre. Le dicton suivant était largement répandu :
« Ciel rouge la nuit : délice des bergers ; Ciel rouge le matin : avertissement des bergers »
, signifiant qu’un coucher de soleil aux teintes roses ou rouges annonçait du beau temps, tandis qu’une aube rosée présageait de la pluie.
Selon la tradition, un anneau autour de la lune indiquait l’arrivée d’une tempête. Les hirondelles volant bas étaient considérées comme un signe de pluie imminente, tout comme les mouettes s’aventurant à l’intérieur des terres. Le comportement des animaux domestiques était également scruté : un chat mangeant de l’herbe ou tournant le dos au feu pouvait signaler l’arrivée de la pluie, tout comme le bétail se couchant dans les champs ou se tenant dos aux haies. La Saint-Paul (25 janvier) était un jour dédié à la prévision météorologique pour l’année à venir, avec la croyance que
« si le ciel était clair, c’était une année heureuse »
en termes de conditions météorologiques.
La Saint-Brigide (1er février) marquait le retour de jours plus longs – un phénomène connu sous le nom de ‘une grande partie du soir’. Pour les agriculteurs, cela signifiait le renouveau de la vie à la ferme et le retour de la saison de croissance. Les pêcheurs espéraient une diminution des tempêtes, mais un temps clément le 1er février pouvait également présager de périodes plus difficiles à venir. L’observation d’un hérisson ce jour-là était également interprétée comme un signe de beau temps, et un mois de février pluvieux annonçait un été agréable.
La Chandeleur (2 février) était également une période de divination météorologique. Un dicton courant affirmait :
« Si la Chandeleur est lumineuse et claire, vous aurez deux hivers en un an »
. Si un hérisson ou un blaireau voyait sa propre ombre à la Chandeleur, cela annonçait du mauvais temps, une croyance similaire à celle de la Jour de la marmotte en Amérique du Nord. Un autre dicton encourageait à
« jeter bougie et chandelier »
le jour de la Chandeleur, en référence à l’allongement progressif des soirées.
À partir de la Saint-Patrick, le temps était censé s’améliorer progressivement, avec une prolongation notable des soirées. Les semis précoces de certaines cultures pouvaient alors commencer.
Cependant, le début du mois d’avril pouvait parfois être marqué par un retour du froid, une période connue sous le nom de Jours empruntés. Cette tradition est liée au conte populaire de la vieille vache bringée, une ancienne race irlandaise au pelage distinctif. La vache, se vantant d’être à l’abri des intempéries de mars, provoqua la colère du mois, qui emprunta trois jours à avril et déclencha une tempête si violente qu’elle tua et écorcha l’animal. Ce conte sert d’avertissement contre une confiance excessive dans le beau temps à cette période de l’année.
Le 1er mai, les conditions météorologiques étaient observées pour prédire le reste de l’été. Les gelées étaient considérées comme un mauvais présage, tout comme le vent froid. On croyait qu’un mois de mai humide et venteux garantirait une abondante récolte de maïs et de foin.
La Fête de la Saint-Swithin (15 juillet) était également considérée comme importante pour prévoir le temps. La légende raconte que l’esprit de saint Swithin, un homme humble, fut indigné par le somptueux mémorial érigé en son honneur et fit pleuvoir jusqu’à ce que ses disciples le retirent. Bien que saint Swithin soit un saint anglais, cette coutume était observée en Irlande et considérée comme un moyen fiable de prédire le temps.
Certains jours de l’année étaient traditionnellement associés à un temps froid et humide, comme le Vendredi Saint et le Dimanche de Garland en juillet. Le beau temps était attendu le 15 août, jour de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie.
Même si nous disposons aujourd’hui de méthodes plus scientifiques pour prévoir le temps, une grande partie de cette météorologie traditionnelle persiste. Pour en savoir plus sur l’ancienne météorologie irlandaise, la Collection Écoles est une ressource en ligne gratuite et précieuse.
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Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur et ne représentent ni ne reflètent les opinions de RTÉ.