Publié le 22 novembre 2023 05:21:00. Même une consommation modérée de cigarettes, de seulement quelques-unes par jour, augmente considérablement le risque de maladies cardiaques et de décès prématuré, selon une vaste étude internationale. Les bénéfices de l’arrêt du tabac sont significatifs, mais un risque résiduel persiste pendant des décennies.
- Fumer seulement deux à cinq cigarettes par jour est associé à un risque accru de 50 % d’insuffisance cardiaque.
- Le risque de décès, quelle qu’en soit la cause, est 60 % plus élevé chez les fumeurs de deux à cinq cigarettes par jour par rapport aux non-fumeurs.
- L’arrêt complet du tabac, même après de nombreuses années, réduit considérablement les risques cardiovasculaires, mais ne les élimine pas complètement.
Des recherches menées depuis longtemps confirment le lien entre le tabagisme et les maladies cardiovasculaires. Cependant, il était plus difficile de déterminer précisément comment l’intensité de la consommation de tabac influençait ces risques, en particulier chez les fumeurs occasionnels. Avec la tendance actuelle à une diminution du nombre de cigarettes fumées par jour, il est devenu crucial de comprendre les dangers du tabagisme léger et les bénéfices à long terme de l’arrêt, même pour ceux qui ne se considèrent pas comme de gros fumeurs.
Une équipe du Johns Hopkins Ciccarone Center for Prevention of Cardiovascular Disease, aux États-Unis, dirigée par Michael Blaha, a analysé les données de plus de 300 000 adultes participant à 22 études longitudinales, suivies sur une période pouvant aller jusqu’à 19,9 ans. Au cours de cette période, plus de 125 000 décès et 54 000 événements cardiovasculaires – incluant crises cardiaques, accidents vasculaires cérébraux et insuffisances cardiaques – ont été recensés.
Les résultats, publiés le 18 novembre dans la revue PLOS Medicine, démontrent que fumer seulement deux à cinq cigarettes par jour augmente le risque d’insuffisance cardiaque de 50 % et le risque de décès de 60 %, par rapport aux personnes n’ayant jamais fumé. La plus forte réduction du risque cardiovasculaire est observée dans les dix premières années suivant l’arrêt du tabac, et continue de s’améliorer avec le temps. Néanmoins, même après trente ans d’abstinence, les anciens fumeurs présentent un risque plus élevé que les non-fumeurs.
Les chercheurs insistent sur le fait que l’arrêt complet du tabac est la meilleure protection contre les maladies cardiaques et le décès prématuré. Réduire simplement le nombre de cigarettes fumées chaque jour ne procure pas les mêmes bénéfices. Ces conclusions confirment les recommandations de santé publique qui encouragent un arrêt précoce et total, et soulignent la nécessité de renforcer les efforts de prévention du tabagisme.
« Il s’agit de l’une des plus vastes études sur le tabagisme à ce jour, utilisant des données de la plus haute qualité en épidémiologie cardiovasculaire. Il est frappant de constater à quel point le tabac est nocif : même de faibles doses entraînent des risques cardiovasculaires importants. »
Michael Blaha, Johns Hopkins Ciccarone Center for Prevention of Cardiovascular Disease
