Publié le 17 janvier 2026. L’intelligence artificielle générative s’implante à grande vitesse dans le monde du travail, mais son adoption est loin d’être uniforme, avec des disparités notables entre les pays et une concurrence accrue entre les modèles disponibles.
- Fin 2025, près de 16 % de la population mondiale en âge de travailler utilisait mensuellement des outils d’IA générative.
- Les Émirats arabes unis, Singapour, la Norvège, l’Irlande et la France sont en tête de l’adoption de l’IA.
- La Corée du Sud affiche la croissance la plus rapide, portée par l’engouement pour les images générées par IA.
L’intelligence artificielle (IA) s’est démocratisée il y a à peine trois ans, mais son impact sur le marché du travail est déjà significatif. Selon de nouvelles données publiées le 8 janvier, près de 16 % de la population mondiale active utilise désormais chaque mois des outils d’IA générative, tels que ChatGPT, Claude, DeepSeek ou Gemini. Cette expansion rapide n’est cependant pas homogène, et des différences importantes se dessinent entre les nations.
Mesurer précisément l’étendue de l’utilisation de l’IA est un défi. Des chercheurs de Microsoft ont mis au point une méthode consistant à analyser la proportion d’utilisateurs accédant à ces outils via les postes de travail fonctionnant sous Windows. En croisant ces données avec des informations sur la part de marché de Microsoft et le taux de pénétration du téléphone mobile dans chaque pays, ils ont pu estimer l’utilisation de l’IA parmi la population active de 147 économies. Bien que ces estimations soient approximatives – les utilisateurs d’ordinateurs Microsoft ne représentant pas nécessairement l’ensemble de la main-d’œuvre – elles offrent un aperçu précieux des disparités nationales.
Les résidents des Émirats arabes unis et de Singapour se distinguent par un taux d’adoption particulièrement élevé, dépassant les 60 % de la population active. Ces pays ont rapidement mis en place des politiques favorables à l’IA, une stratégie courante pour les petites nations désireuses de stimuler l’innovation. La Corée du Sud, quant à elle, connaît une croissance fulgurante, avec une augmentation de 18,5 % du nombre d’utilisateurs actifs entre le premier et le second semestre de l’année dernière. L’engouement pour les images générées par IA, transformées en personnages de style anime japonais, a joué un rôle majeur dans cette progression, tout comme l’amélioration constante des capacités linguistiques des modèles.
Si les habitants des pays riches ont tendance à utiliser davantage les chatbots d’IA que ceux des pays plus pauvres, le produit intérieur brut (PIB) par habitant ne constitue pas un indicateur fiable de la rapidité d’adoption de cette technologie. Les États-Unis, par exemple, se situent à peine au-dessus de la République tchèque et en dessous de la Pologne, malgré leur richesse supérieure. L’Inde semble adopter l’IA à un rythme plus soutenu que ne le suggèrent ses revenus, tandis que la Chine accuse un léger retard. La Jordanie et le Vietnam se distinguent également par un enthousiasme particulier pour les grands modèles de langage (LLM), compte tenu de leur PIB.
Les données récentes de Microsoft mettent également en lumière l’expansion mondiale de DeepSeek, un modèle chinois open source qui a surpris le monde en atteignant des performances comparables à celles de ses concurrents américains. DeepSeek est particulièrement populaire en Afrique, où son utilisation par habitant est deux à quatre fois plus élevée que dans d’autres régions. Il domine également les marchés où l’accès aux technologies américaines est limité. Les pays où DeepSeek détient la plus grande part de marché estimée sont la Chine (89 %), la Biélorussie (56 %), Cuba (49 %), la Russie (43 %) et l’ Iran (25 %). Bien que loué pour sa transparence, DeepSeek est soumis à la censure chinoise et refuse de répondre aux questions sur des événements sensibles, tels que le massacre de la place Tiananmen en 1989.
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