Publié le 25 novembre 2023 14:35:00. Moins de 100 personnes dans le monde sont connues pour souffrir d’hyperthymésie, un trouble psychologique rare qui confère une mémoire autobiographique exceptionnellement détaillée, capable de retenir chaque jour de leur vie.
L’hyperthymésie, ou mémoire autobiographique hautement supérieure, est un phénomène neurologique fascinant et déroutant. Les individus qui en sont atteints possèdent la capacité singulière de se remémorer avec une précision stupéfiante des événements passés, des conversations entières aux moindres détails vestimentaires, comme si leur vie se déroulait sous leurs yeux en permanence.
Si cette aptitude peut sembler un don, elle s’accompagne souvent d’inconvénients significatifs. L’activité cérébrale constante liée à la reviviscence incessante des souvenirs engendre un niveau élevé de stress et d’anxiété, épuisant les personnes concernées.
Des souvenirs omniprésents
Ce syndrome, découvert relativement récemment, fait l’objet de recherches approfondies. Les études suggèrent que les personnes atteintes d’hyperthymésie présentent un lobe temporal, une zone du cerveau impliquée dans la mémoire, d’une taille supérieure à la moyenne.
En novembre 2017, la BBC a recueilli le témoignage poignant de Rebecca Sharrock, une Australienne atteinte de ce trouble. Elle décrit son cerveau comme étant constamment encombré, submergée par des souvenirs qui remontent à la surface à tout moment, provoquant de violentes migraines et des troubles du sommeil.
« Si je me souviens de quelque chose qui m’est arrivé quand j’avais trois ans, mes émotions sont les mêmes qu’à l’âge de trois ans, même si mon esprit et ma conscience sont ceux d’un adulte. »
Rebecca Sharrock, atteinte d’hyperthymésie
Un contrôle onirique et des perspectives pour la recherche
Une particularité notable chez les personnes hyperthymésiques est leur capacité à exercer un certain contrôle sur leurs rêves. Grâce à l’abondance de souvenirs et d’informations stockées dans leur esprit, elles peuvent éviter les cauchemars en modifiant le cours de leurs songes : « S’il arrive quelque chose qui me fait peur, je change simplement la séquence. »
Les experts estiment que l’étude approfondie de cette pathologie pourrait ouvrir des pistes prometteuses pour aider les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Le reportage de la BBC sur Rebecca Sharrock illustre la complexité de cette condition rare et les défis auxquels sont confrontés ceux qui en souffrent.
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