Publié le 17 janvier 2026 04:00:00. De plus en plus d’entreprises autrichiennes resserrent les règles concernant le télétravail, voire y mettent fin, tandis que d’autres adoptent des approches plus souples, reflétant une diversité croissante des politiques d’entreprise face à l’évolution du travail.
- Amazon et d’autres géants technologiques surveillent de près la présence de leurs employés au bureau et imposent un retour progressif.
- Une nouvelle loi autrichienne, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, réglemente le travail indépendant du lieu de travail, mais ne crée pas de droit légal au télétravail.
- Des entreprises comme Microsoft offrent une grande flexibilité, permettant à leurs employés de travailler jusqu’à 70 % de leur temps à domicile.
Le retour au bureau (RTO), un terme de plus en plus courant dans le monde de l’entreprise, illustre une tendance claire : de nombreux employeurs souhaitent revoir leurs équipes en présentiel. Amazon est l’un des exemples les plus marquants. Un document interne, révélé par Business Insider, fait état d’un tableau de bord de présence permettant aux managers de suivre la fréquentation de leurs équipes. « Depuis plus d’un an, nous fournissons aux managers des outils comme celui-ci pour savoir qui dans leur équipe peut avoir besoin d’aide dans son travail quotidien au bureau », a déclaré un porte-parole d’Amazon au média en ligne.
Amazon n’est pas un cas isolé. Meta, Google et d’autres grandes entreprises suivent une voie similaire. Le cabinet de conseil allemand PwC propose également des tableaux de bord de présence à ses clients depuis l’année dernière. Cette pression pour un retour au bureau s’explique par la volonté des entreprises de renforcer la dynamique d’équipe et les processus créatifs, souvent perçus comme plus efficaces en présentiel.
Cependant, toutes les entreprises ne partagent pas cette vision. KURIER a interrogé 30 entreprises autrichiennes pour évaluer leurs politiques de télétravail. Certaines, comme le fournisseur international de vidéoconférences KURIER, adoptent une approche beaucoup plus souple. « Nous avons appris que la collaboration dépend bien moins de la proximité physique que beaucoup de gens le pensent », affirme Talia Hamilton, Directrice Global Talent Management. « Des réunions personnelles une fois par an sont absolument suffisantes. »
L’agence de publicité Reichl & Associé investit massivement dans « l’expérience sur site », estimant que la présence physique favorise la concentration et la créativité. Une journée de télétravail par semaine est généralement proposée, avec une possibilité d’aménagements individuels. Le professionnel de l’immobilier Limberg insiste également sur l’importance du travail en équipe, bien que le télétravail ne soit pas interdit. « Non pas parce que nous n’avons pas confiance, mais parce que nous pensons que travailler ensemble renforce chaque membre de Limberg », explique l’entreprise.
La loi autrichienne sur le télétravail, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, réglemente le « travail indépendant du lieu », incluant les cafés, les domiciles des parents ou les espaces de travail partagés, sous réserve de l’accord de l’employeur. Cependant, elle ne crée ni un droit légal au télétravail, ni une obligation pour les employeurs d’en proposer. Un accord écrit est nécessaire, souvent intégré dans une convention collective.
D’autres entreprises, comme EVN, proposent différents modèles de télétravail (20 %, 40 % ou 60 % du temps de travail à domicile). Uniqa offre jusqu’à 21 jours de télétravail par mois avec son forfait le plus important. Palfinger, quant à lui, accorde aux employés à temps partiel les mêmes droits au télétravail que les employés à temps plein, jusqu’à 100 jours par an. Microsoft se distingue en permettant à ses employés de travailler jusqu’à 70 % de leur temps à domicile, en fonction de leur domaine de responsabilité et de leur accord individuel. « Il n’y a pas de directives rigides. De nombreux employés viennent au bureau pour des réunions personnelles et des échanges avec des collègues, puis passent au bureau à domicile afin de pouvoir continuer à travailler de manière ciblée », explique l’entreprise.
Contrairement à Amazon, la branche autrichienne de Microsoft est convaincue que son modèle « favorise la responsabilité personnelle et la motivation. Et contribue finalement à obtenir les meilleurs résultats ».
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