Publié le 3 janvier 2026 à 19h30. Le député Raghav Chadha (parti Aam Aadmi) a vivement critiqué les pratiques commerciales des plateformes de livraison rapide, estimant que leur dépendance à l’intervention policière révèle un dysfonctionnement profond de leur modèle économique.
- Raghav Chadha dénonce le traitement des livreurs en grève par les dirigeants de Zomato et Blinkit, qualifiant leurs revendications de « dignité fondamentale » et de « salaire équitable ».
- Il critique l’argument selon lequel le nombre de personnes travaillant pour ces plateformes justifie leurs conditions, le comparant à l’ancien système féodal.
- Chadha accuse également les plateformes d’avoir recours à des campagnes de relations publiques et à de l’achat d’influence en ligne pour discréditer les grévistes.
Le débat a été relancé par un message publié par Deepinder Goyal, fondateur et PDG de Zomato et Blinkit, qualifiant les grévistes de « mécréants » après que sa société ait affirmé avoir maintenu un rythme de livraison record le soir du Nouvel An malgré le mouvement social.
Raghav Chadha a réagi avec virulence à ces propos. Dans un long message publié sur les réseaux sociaux, il a déclaré :
« Les partenaires de livraison à travers l’Inde se sont mis en grève pour réclamer la dignité fondamentale, un salaire équitable, la sécurité, des règles prévisibles et la sécurité sociale. La réponse de la Plateforme a été de les traiter de ‘mécréants’ et de transformer une revendication de travail en un discours sur la loi et l’ordre. Ce n’est pas seulement insultant, c’est dangereux. »
Raghav Chadha, député (parti Aam Aadmi)
Il a également insisté sur le fait que des travailleurs qui demandent un salaire juste ne devraient pas être considérés comme des criminels.
« Si vous aviez besoin de la police pour que vos travailleurs restent sur la route, ce ne sont pas des employés. Ce sont des otages casqués. »
Raghav Chadha, député (parti Aam Aadmi)
Chadha a également contesté l’argument de Goyal selon lequel le simple fait que des personnes acceptent de travailler pour ces plateformes prouve que le système n’est pas injuste. Il a comparé cette logique à celle du système zamindari, une forme d’exploitation foncière qui a perduré pendant des siècles.
Le député a également dénoncé ce qu’il considère comme une opération de communication orchestrée par les plateformes pour influencer l’opinion publique.
« Le plus triste, c’est que les agences de relations publiques ont été payées. Les influenceurs ont été payés. Les hashtags ont été achetés. »
Raghav Chadha, député (parti Aam Aadmi)
Il a ajouté que les attaques en ligne s’étaient même étendues à sa famille et à son mode de vie, sans pour autant fournir de preuves immédiates.
Deepinder Goyal avait déclaré jeudi que Zomato et Blinkit avaient atteint un rythme de livraison record le soir du Nouvel An, malgré les appels à la grève. Il avait également remercié les forces de l’ordre locales pour leur intervention, qualifiant les grévistes de « mécréants ».
« Le soutien des forces de l’ordre locales a permis de contrôler le petit nombre de mécréants. »
Deepinder Goyal, PDG de Zomato et Blinkit
Il a également affirmé que l’économie des petits boulots est l’un des plus grands moteurs de création d’emplois en Inde.
Raghav Chadha a rappelé qu’il avait déjà soulevé la question des travailleurs à la demande au Parlement lors de la session d’hiver et a promis de continuer à se battre pour leurs droits.
« C’est un combat que je mènerai à terme. Au Parlement. En dehors du Parlement. Jusqu’à ce qu’il y ait des responsabilités. Les travailleurs qui ont construit ces plateformes ordre par ordre, kilomètre par kilomètre, méritent mieux que d’être traités de ‘mécréants’ pour avoir demandé à être traités comme des êtres humains. »
Raghav Chadha, député (parti Aam Aadmi)
Chadha avait précédemment demandé la suppression des services de livraison en 10 minutes, les jugeant dangereux pour les livreurs.