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Rapport sur les prix des aliments au Canada 2026 – Laboratoire d’analyse agroalimentaire

by Clara Dubois

Publié le 4 décembre 2025. Les familles canadiennes pourraient voir leurs dépenses alimentaires augmenter de près de 1 000 $ l’année prochaine, selon un nouveau rapport qui révèle une situation d’insécurité alimentaire préoccupante pour un quart de la population.

  • Le Rapport sur les prix des aliments au Canada 2026 prévoit une hausse globale des prix alimentaires de 4 à 6 %.
  • Une famille moyenne de quatre personnes devrait dépenser 17 571,79 $ en alimentation en 2026, soit une augmentation potentielle de 994,63 $ par rapport à l’année précédente.
  • Les prix du bœuf connaissent une augmentation particulièrement marquée, avec une hausse de 23 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Les prix alimentaires au Canada devraient continuer à grimper en 2026, exerçant une pression accrue sur les budgets des ménages. Le 16e édition du Rapport sur les prix des aliments au Canada (CFPR), fruit d’une collaboration entre huit universités canadiennes – dont l’Université Dalhousie, l’Université Saint Mary’s, l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, l’Université du Cap-Breton, l’Université de Guelph, l’Université Laval, l’Université de la Colombie-Britannique et l’Université de la Saskatchewan – prévoit une augmentation globale des prix alimentaires de 4 à 6 %. Ce rapport annuel fournit des prévisions sur les dépenses alimentaires annuelles estimées en fonction de l’âge et du sexe, aidant ainsi les Canadiens à mieux gérer leur budget.

Selon les estimations, une famille moyenne de quatre personnes devra débourser 17 571,79 $ pour ses courses en 2026, ce qui représente une augmentation pouvant atteindre 994,63 $ par rapport à 2025. Les prix des denrées alimentaires sont déjà 27 % plus élevés qu’il y a cinq ans. Si les augmentations annuelles des prix alimentaires se situent actuellement dans la fourchette prévue par le rapport de 2025 (4 %), la hausse du prix du bœuf est plus rapide que prévu, avec une augmentation de 5 à 7 %.

Plusieurs provinces devraient être particulièrement touchées par cette hausse des prix : l’Alberta, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Ontario et le Québec devraient connaître une augmentation des prix des aliments supérieure à la moyenne nationale.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. La suppression temporaire de la TPS/TVH sur certains produits alimentaires entre décembre 2024 et février 2025 a entraîné une baisse de l’inflation alimentaire, mais cet effet est désormais passé. Les nouveaux tarifs douaniers imposés par l’administration américaine sur les biens et l’énergie importés du Canada, ainsi que les contre-tarifs canadiens, ont également contribué à une augmentation des coûts et à une volatilité des prix. L’engouement des Canadiens pour les produits locaux, bien que louable, n’a pas suffi à compenser ces augmentations, le prix restant le principal facteur de décision lors des achats alimentaires.

La baisse des taux d’intérêt par la Banque du Canada, visant à stimuler l’économie, pourrait faciliter l’accès au crédit pour les entreprises alimentaires, mais ne suffira probablement pas à atténuer l’impact de ces autres facteurs. Les modifications apportées au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), avec un plafond de 10 % de travailleurs occupant des postes à faible salaire sur un même lieu de travail et une réduction du nombre de résidents temporaires, pourraient également entraîner des pénuries de main-d’œuvre dans le secteur agricole.

Le Dr Evan Fraser, directeur de l’Arrell Food Institute de l’Université de Guelph, souligne l’importance de comprendre les enjeux complexes qui sous-tendent l’industrie alimentaire canadienne :

« Les prix ne sont qu’un élément de l’histoire complexe de l’industrie alimentaire canadienne. Les prix augmentent d’année en année, mais des rapports comme celui-ci nous aident à comprendre que nos aliments sont au milieu de conflits, de comportements et de politiques changeants. »

Dr Evan Fraser, directeur de l’Arrell Food Institute de l’Université de Guelph

Le Dr Stuart Smyth, de l’Université de la Saskatchewan, met en garde contre la flambée des prix du bœuf :

« Près d’une décennie de sécheresse dans la principale région productrice de bœuf du Canada a entraîné le plus petit nombre de bovins depuis la fin des années 1980. Une offre réduite et une demande constante créent une pression à la hausse. Le bœuf canadien est de haute qualité et les consommateurs qui ont l’intention de continuer à l’acheter devront être de plus en plus conscients des opportunités d’achat optimales. »

Dr Stuart Smyth, Université de la Saskatchewan

L’industrie agroalimentaire canadienne, qui emploie plus de 300 000 personnes, est également confrontée à des défis, avec des restructurations et des réductions d’effectifs chez des entreprises comme Kraft-Heinz et Dr. Pepper Kellogg. La baisse de la croissance de l’industrie agroalimentaire, de 1,9 %, témoigne de ces difficultés.

Stacey Taylor, professeure adjointe en analyse commerciale à l’Université du Cap-Breton, insiste sur les conséquences pour les consommateurs :

« L’inflation alimentaire exerce beaucoup de pression sur les Canadiens, les obligeant à faire des compromis chaque jour. Ces compromis vont du choix d’une marque moins chère au report complet des achats. Non seulement il y a un problème de sécurité alimentaire, mais il existe également de nombreuses inquiétudes quant à la sécurité nutritionnelle et à la capacité de se permettre une alimentation saine. »

Stacey Taylor, professeure adjointe en analyse commerciale à l’Université du Cap-Breton

Pour 2026, les experts prévoient une légère diminution de l’inflation, autour de 2 %, et un ralentissement de la croissance du PIB canadien, à environ 1,2 % à 1,4 %. Le conflit commercial avec les États-Unis devrait se poursuivre, malgré une récente réduction des droits de douane sur certains produits agricoles. L’entrée en vigueur du Code de conduite de l’épicerie en janvier 2026 et l’obligation d’apposer un étiquetage nutritionnel simplifié sur les aliments riches en sodium, en sucre et en graisses saturées pourraient également avoir un impact sur les habitudes de consommation.

Le Dr Sylvain Charlebois, chef de projet à l’Université Dalhousie, conclut :

« Malgré une inflation plus soutenue, les familles canadiennes ressentent toujours des difficultés à l’épicerie. Nos prévisions pour 2026 montrent clairement une chose : l’accessibilité financière des produits alimentaires restera un point de pression majeur au cours de l’année à venir. »

Dr Sylvain Charlebois, chef de projet, Université Dalhousie

Contacts médias

Pour les médias anglophones :

Aaron Misener (Université de Guelph)

Pour les médias francophones : Janèle Vézeau (Institut canadien de prospective agroalimentaire)

Sylvain Charlebois, chef de projet, Université Dalhousie / 902-222-4142 (portable)

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Pour plus d’informations, veuillez lire l’intégralité du Rapport sur les prix des aliments au Canada (CFPR) 2026.

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