Publié le 22 octobre 2025 14h14. À l’occasion de sa seizième conférence, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) appelle à une refonte du système commercial mondial pour mieux répondre aux défis actuels, notamment l’endettement croissant des pays en développement et les tensions géopolitiques.
- La CNUCED souligne la nécessité d’un système commercial et d’investissement plus équitable, avec un accès préférentiel pour les pays en développement.
- L’organisation insiste sur l’urgence de mobiliser des financements supplémentaires pour ces pays, notamment en triplant la capacité de prêt des banques multilatérales de développement.
- La CNUCED met en avant le rôle crucial de la technologie pour réduire la fracture numérique et favoriser l’accès aux innovations pour tous.
Soixante ans après sa création, la CNUCED réaffirme son engagement envers un commerce mondial plus juste, alors que les pays en développement continuent de faire face à des obstacles importants. L’organisation, née d’une volonté de donner une voix aux nations exclues des instances décisionnelles, se positionne comme un acteur clé pour orienter les politiques internationales.
Si les pays en développement représentent désormais les trois quarts de la croissance mondiale, ils restent confrontés à des inégalités persistantes. Le commerce des services est en plein essor, avec une croissance de 9 % l’année dernière, et le commerce numérique se développe à une vitesse fulgurante. Cependant, ces avancées ne profitent pas à tous de manière égale. Certains pays les moins avancés sont confrontés à des droits de douane prohibitifs, atteignant jusqu’à 40 % pour des flux commerciaux qui ne représentent qu’1 % du total mondial.
La CNUCED a déjà contribué à des avancées significatives, notamment la création de la catégorie des pays les moins avancés, l’adoption des principes d’un nouvel ordre économique international et la mise en place du Fonds commun pour les matières premières. Plus récemment, l’organisation a créé un Groupe de réponse à la crise mondiale en 2022, dirigé par Rebeca Grynspan, pour maintenir la fluidité des échanges commerciaux en pleine guerre.
Face à un contexte mondial marqué par des divisions géopolitiques, une crise climatique et des conflits, la CNUCED appelle à une action concertée sur quatre fronts : un système commercial équitable, un financement accru pour les pays en développement, un accès élargi à la technologie et une intégration des objectifs climatiques dans les politiques commerciales.
Concernant le financement, la CNUCED souligne que 3,4 milliards de personnes vivent dans des pays qui consacrent plus de ressources au service de la dette qu’à la santé ou à l’éducation. Les dirigeants se sont accordés, lors de la Conférence sur le financement du développement de Séville en juin dernier, à débloquer davantage de fonds pour les pays en développement, à renforcer leur capacité à mobiliser des ressources intérieures, à tripler le pouvoir de prêt des banques multilatérales de développement et à alléger le fardeau de la dette. Il est également nécessaire, selon la CNUCED, de réformer les institutions financières internationales pour mieux refléter le monde actuel et les besoins des pays en développement.
En matière de technologie, le Pacte numérique mondial, adopté l’année dernière, vise à réduire la fracture numérique et à garantir l’accès aux technologies de pointe, telles que l’intelligence artificielle et la blockchain, pour tous les pays. Enfin, la CNUCED insiste sur la nécessité d’aligner les politiques commerciales sur les objectifs climatiques et de soutenir une transition juste, notamment en mobilisant 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour l’action climatique dans les pays en développement.
L’organisation a également créé un Groupe chargé de la question des minéraux critiques pour la transition énergétique, afin d’élaborer des principes directeurs garantissant aux populations locales de tirer profit des ressources naturelles présentes sur leur territoire, dans le respect de l’équité, de la transparence, de la durabilité et des droits humains.
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