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rencontrez le Chivito du chaotique Dracula

by Thomas Caron

Publié le 24 décembre 2025 à 18h30. Le télescope spatial Hubble a capturé l’image du plus grand disque protoplanétaire jamais observé, un environnement chaotique et immense qui pourrait révéler de nouveaux indices sur la formation des planètes.

  • Les astronomes ont découvert un disque protoplanétaire d’environ 400 milliards de kilomètres de diamètre, soit 40 fois la taille de notre système solaire.
  • Ce disque, surnommé « Chivito de Dracula », présente une asymétrie marquée et des structures complexes, suggérant des processus dynamiques intenses.
  • L’étude de ce disque pourrait aider à comprendre comment les planètes se forment dans des environnements extrêmes et à mieux cerner l’origine de notre propre système solaire.

Une équipe internationale d’astronomes a annoncé la découverte d’un disque protoplanétaire exceptionnel, repéré grâce au télescope spatial Hubble de la NASA. Situé à environ 1 000 années-lumière de la Terre, cet objet, officiellement désigné IRAS 23077+6707, est le plus grand disque de formation de planètes jamais observé en lumière visible. Sa taille et sa complexité en font un sujet d’étude fascinant pour les chercheurs.

Le disque s’étend sur près de 400 milliards de kilomètres (environ 40 fois le diamètre de notre système solaire jusqu’à la ceinture de Kuiper), et est si vaste qu’il occulte complètement l’étoile jeune qui se trouve en son centre. Cette étoile pourrait être une étoile massive et chaude, voire un système binaire. La découverte, publiée dans The Astrophysical Journal, marque une avancée significative dans notre compréhension des processus de formation planétaire.

Ce qui frappe particulièrement les scientifiques, c’est le caractère chaotique de ce disque. Contrairement aux modèles théoriques qui prédisent des structures ordonnées et symétriques, le disque de « Chivito de Dracula » présente des turbulences, des filaments de poussière et de gaz qui s’étendent bien au-delà de ce que l’on observe habituellement dans des systèmes similaires.

« Le niveau de détail que nous voyons est inhabituel dans les images de disques protoplanétaires », a expliqué Kristina Monsch, chercheuse au Centre d’astrophysique | Harvard & Smithsonian et principale auteure de l’étude.

« Les ‘pépinières’ de planètes pourraient être beaucoup plus actives et désordonnées qu’on ne le pensait auparavant. »

Kristina Monsch, chercheuse au Centre d’astrophysique | Harvard & Smithsonian

L’observation révèle également une asymétrie frappante. D’énormes filaments verticaux émergent d’un seul côté du disque, tandis que le côté opposé présente un bord net et ne présente pas ces structures étendues. Joshua Bennett Lovell, co-auteur de l’étude, a déclaré :

« Nous avons été stupéfiés de voir à quel point ce disque est asymétrique. »

Joshua Bennett Lovell, co-auteur de l’étude

Cette configuration inégale suggère que des processus dynamiques intenses, tels que l’accrétion récente de grandes quantités de gaz et de poussière ou des interactions avec l’environnement proche, façonnent sa forme.

Les scientifiques estiment que le disque a une masse comprise entre 10 et 30 fois celle de Jupiter, ce qui est suffisant pour donner naissance à plusieurs géantes gazeuses. Hubble et le télescope spatial James Webb avaient déjà détecté des structures similaires sur d’autres disques, mais le système IRAS 23077+6707 offre une perspective exceptionnelle grâce à l’observation en lumière visible, permettant d’étudier les sous-structures avec un niveau de détail sans précédent.

En raison de son ampleur et de sa complexité, IRAS 23077+6707 pourrait représenter une version amplifiée de notre propre système solaire. « En théorie, ce système pourrait héberger un large éventail de planètes », a déclaré Monsch. Bien que la formation planétaire dans un environnement aussi massif puisse différer dans les détails, les processus fondamentaux sont probablement similaires.

Cette découverte soulève de nombreuses questions et ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude de la formation planétaire. Les images de Hubble offrent un point de départ inestimable pour comprendre comment les planètes naissent au fil du temps et dans des conditions très différentes de celles que nous connaissons.

Référence scientifique

Monsch et al, Hubble Reveals Complex Multi-scale Structure in the Edge-on Protoplanetary Disk IRAS 23077+6707, The Astrophysical Journal, DOI : 10.3847/1538-4357/ae247f

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