Les requins existent depuis environ 450 millions d’années, une période précédant l’apparition des arbres et des forêts. Selon des recherches sur les fossiles de l’Ordovicien moyen, cette lignée de poissons cartilagineux occupait déjà les océans alors que la vie terrestre se limitait à de simples tapis de végétation microscopique.
Une lignée marine bien avant l’essor des forêts
L’idée que les requins soient plus anciens que les arbres ne relève pas d’une simple figure de style. Les requins existent depuis environ 450 millions d’années, une époque où la Terre ne possédait pas encore le monde vertical et ombragé que nous connaissons. À cette période, les continents commençaient à peine à se couvrir de végétaux, mais la complexité biologique terrestre n’avait pas encore atteint une dimension verticale.
Pendant que les ancêtres des requins occupaient déjà les mers, la vie sur terre se résumait à une phase primitive et basse. Les premières preuves de plantes terrestres proviennent principalement de spores microscopiques plutôt que de troncs ou de canopées. Des travaux publiés en 1996 dans la revue Geology ont d’ailleurs rapporté des indices de présence végétale dans l’Ordovicien moyen en Arabie Saoudite. Cette coexistence souligne un contraste biologique majeur : les océans abritaient déjà des lignées de vertébrés prédateurs actifs, tandis que la terre n’était colonisée que par des organismes simples épousant la surface du sol.
Les preuves fossiles de l’Ordovicien
L’établissement de cette chronologie repose sur des indices fragmentaires mais cruciaux. La fossilisation des animaux cartilagineux est nettement plus complexe que celle des animaux osseux, ce qui rend chaque découverte particulièrement significative. Des recherches sur les écailles de type chondrichtyène ont permis de dater la lignée des poissons cartilagineux à l’Ordovicien moyen, grâce à des fossiles retrouvés en Australie.
Cette chronologie a été renforcée par d’autres découvertes, notamment une étude publiée en 2022 dans la revue Nature décrivant un chondrichtyène épineux provenant du Silurien inférieur en Chine du Sud. Bien que ce fossile soit plus récent que les écailles australiennes, il apporte des détails anatomiques essentiels sur l’histoire précoce du groupe. Ces éléments confirment que la branche des poissons cartilagineux s’est séparée bien avant l’émergence des premières véritables forêts, qui n’apparaîtront que lors de la période du Dévonien.
Anatomie et classification des Elasmobranches
Aujourd’hui, les requins sont étroitement apparentés aux raies et aux sébiles. Ils appartiennent tous à une sous-classe de poissons appelée Elasmobranches. Contrairement à la plupart des poissons, leur squelette est entièrement composé de cartilage et leur corps est recouvert de denticules dermiques, des écailles semblables à des dents.
Leur structure physique présente des adaptations spécialisées pour la prédation. La plupart des requins possèdent entre cinq et sept fentes branchiales, alors que la majorité des autres poissons n’en ont qu’une seule. De plus, leur mâchoire supérieure n’est pas attachée au crâne, une caractéristique qui leur permet de mordre des proies de plus grande taille.
Diversité des ordres : des prédateurs de l’ombre aux géants filtreurs
La diversité actuelle des requins est immense, avec environ 500 espèces réparties en neuf ordres différents. Parmi les groupes les plus emblématiques, on trouve l’ordre des Lamniformes, souvent appelés requins mackerel.

- Corps cylindriques et têtes coniques.
- Capacité de régulation thermique partielle (certaines espèces sont partiellement à sang chaud).
- Exemples notables : le Grand Requin Blanc (4 à 6 mètres) et le Requin Pèlerin (jusqu’à 12 mètres).
Un autre groupe majeur est celui des Carcharhiniformes, ou requins de fond, qui regroupe 296 espèces. Ce groupe se distingue par des caractéristiques morphologiques précises :
- Présence de deux nageoires dorsales.
- Présence d’une nageoire anale située juste devant la queue.
- Absence d’épines.
- Exemples notables : le Requin Tigre et le Requin Marteau.
Cette capacité à occuper des niches écologiques variées — des récifs coralliens aux eaux côtières troubles, en passant par l’océan ouvert — explique la longévité exceptionnelle de la lignée. En survivant à de multiples extinctions massives, les requins ont démontré une résilience biologique que peu d’autres vertébrés ont pu égaler.
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