Publié le 2 janvier 2024 à 10h30. Une tragédie frappe la station suisse de Crans-Montana après un incendie dévastateur dans un bar et une discothèque, faisant au moins 40 morts et de nombreux blessés, dont plusieurs dans un état critique. Les opérations d’identification des victimes s’annoncent longues et complexes.
- Un incendie a ravagé un bar et une discothèque bondés à Crans-Montana, en Suisse, lors d’une soirée du Nouvel An.
- Le bilan provisoire s’élève à au moins 40 décès et 115 blessés, dont beaucoup souffrent de brûlures graves.
- Les autorités suisses ont sollicité l’aide de plusieurs pays européens pour accueillir les blessés les plus critiques.
L’incendie s’est déclaré dans le bar Constellation et la discothèque située en sous-sol, attirant une foule nombreuse pour célébrer le passage à la nouvelle année. Les flammes se sont propagées rapidement, prenant au piège de nombreux fêtards. Les secours, rapidement mobilisés, ont eu du mal à maîtriser le sinistre et à secourir les victimes.
Selon les premiers éléments de l’enquête, la violence de l’incendie et l’étendue des brûlures rendent l’identification des corps extrêmement difficile. Le maire de Crans-Montana, Nicolas Féraud, a souligné la priorité accordée à l’identification de toutes les victimes :
« Le premier objectif est d’attribuer des noms à tous les corps. »
Nicolas Féraud, maire de Crans-Montana
Le président suisse, Guy Parmelin, a qualifié cette catastrophe de « calamité aux proportions terrifiantes et sans précédent ». Il a insisté sur l’impact humain de cette tragédie :
« Derrière ces chiffres se cachent des visages, des noms, des familles, des vies brutalement écourtées, complètement interrompues ou changées à jamais. »
Guy Parmelin, président suisse
Les autorités ont mis en place une cellule de crise pour coordonner les opérations d’identification, en utilisant des dossiers dentaires et des analyses d’ADN. Mathias Reynard, chef du gouvernement du canton du Valais, a expliqué la nécessité d’une extrême prudence :
« Tout ce travail doit être fait parce que les informations sont si terribles et si sensibles que rien ne peut être dit aux familles à moins que nous en soyons sûrs à 100%. »
Mathias Reynard, chef du gouvernement du canton du Valais
Face à l’afflux massif de blessés, les hôpitaux suisses ont rapidement atteint leur capacité maximale. Plus de 30 personnes ont été transférées vers des centres spécialisés dans les grands brûlés à Zurich, Lausanne et Genève, selon l’agence de presse suisse. De nombreux autres blessés ont été évacués vers des hôpitaux en Belgique, en France et en Allemagne. L’Union européenne a proposé son aide médicale à la Suisse.
Plusieurs chefs d’État et de gouvernement ont exprimé leur solidarité avec la Suisse. Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé sur X avoir proposé l’aide de la France pour accueillir des patients dans les hôpitaux de Paris et de Lyon. La Suède et la Macédoine du Nord ont également manifesté leur disponibilité à accueillir des blessés.
L’Italie et la France comptent parmi les pays signalant la disparition de leurs ressortissants. L’ambassadeur d’Italie en Suisse, Gian Lorenzo Cornado, a indiqué que le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, se rendrait vendredi à Crans-Montana. Les autorités suisses font état d’environ 40 décès, mais l’Italie estime le bilan à 47 morts, sur la base des informations fournies par les autorités helvétiques. Stéphane Ganzer, responsable régional de la santé et de la sécurité, s’est dit “surpris” par ce dernier chiffre, soulignant une divergence avec les données dont il dispose.
Les familles et les proches des disparus se mobilisent, utilisant les réseaux sociaux pour diffuser des photos et tenter de retrouver leurs proches. Paulo Martins, un Français résidant dans la région de Crans-Montana depuis 24 ans, a raconté que son fils et sa petite amie avaient frôlé la catastrophe. Un ami de son fils de 17 ans, souffrant de brûlures sur 30 % de son corps, a été transféré en Allemagne pour y recevoir des soins.
Eléonore, 17 ans, est à la recherche de ses amis disparus depuis le réveillon du Nouvel An. Devant le bar, désormais protégé par des bâches blanches et des barrières, elle exprime son désespoir :
« Nous avons pris plein de photos [and] Nous les mettons sur Instagram, Facebook, tous les réseaux sociaux possibles pour essayer de les retrouver. Mais il n’y a rien. Aucune réponse. Nous avons appelé les parents. Rien. Même les parents ne le savent pas. »
Eléonore, témoin
Elle et une amie ont appris qu’une de leurs amies était dans le coma dans un hôpital à Lausanne.
La directrice de l’hôpital universitaire de Lausanne, Claire Charmet, a précisé que l’établissement soignait 22 patients gravement brûlés, pour la plupart âgés de 16 à 26 ans. Elle a souligné la longueur et l’intensité du traitement qui attend les victimes :
« Les patients sont stabilisés et transférés au bloc opératoire ou vers des lits spécialisés. Il faut être conscient que le traitement sera long et intense, durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. »
Claire Charmet, directrice de l’hôpital universitaire de Lausanne
L’Agence France-Presse et Reuters ont contribué à cet article.
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