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Retours annuels à revenu fixe et baisse des prix du pétrole brut

Une baisse des prix du pétrole, combinée à des signes d'apaisement de l'inflation, pourrait inciter la Réserve fédérale américaine (Fed) à ralentir le rythme de ses hausses de taux d'intérêt. Cette perspective a entraîné une légère baisse des…

Retours annuels à revenu fixe et baisse des prix du pétrole brut

Une baisse des prix du pétrole, combinée à des signes d’apaisement de l’inflation, pourrait inciter la Réserve fédérale américaine (Fed) à ralentir le rythme de ses hausses de taux d’intérêt. Cette perspective a entraîné une légère baisse des rendements obligataires, offrant un soutien aux marchés financiers.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a annoncé dimanche une augmentation de sa production de 411 000 barils par jour (b/j). Bien que cette décision puisse à terme contribuer à modérer les prix de l’énergie, elle intervient dans un contexte où l’administration américaine espère voir la Fed assouplir sa politique monétaire. Le secrétaire au Trésor, Bessent, avait déjà souligné en début de mois que les nouvelles taxes et l’espoir d’une baisse des taux de la Fed étaient des éléments clés de la stratégie économique actuelle.

Les médias américains se sont largement concentrés sur l’impact des nouvelles taxes, suscitant une réaction émotionnelle forte auprès du public. Cependant, l’attention se déplace progressivement vers une analyse plus approfondie de la nouvelle législation fiscale, qui pourrait inclure une réduction du taux d’imposition des sociétés de 21 % à 15 %.

Il est encore trop tôt pour prédire si cette législation sera couronnée de succès, car elle doit encore être adoptée par le Congrès. Néanmoins, la baisse des prix du pétrole, qui se traduit par une diminution des prix à la pompe, est un facteur positif.

Les investisseurs surveillent de près les obligations d’État américaines à long terme, notamment l’Ishares 20+ Year Treasury Bond ETF (NASDAQ :), et les obligations d’entreprises à haut rendement, comme l’Ishares IBOXX High Yield Corporate Bond ETF (NYSE :). Les rendements des obligations à 10 et 15 ans restent relativement bas, après une période de taux d’intérêt proches de zéro entre 2008 et 2016, puis à nouveau entre mars 2020 et mars 2022.

Le rendement annuel sur 10 ans du TLT est actuellement négatif, une situation qui perdure depuis environ un an. Les taux d’intérêt à court terme devraient baisser à mesure que les marchés anticiperont une politique plus accommodante de la Fed, avant que la banque centrale ne prenne officiellement des mesures.

La prochaine réunion du Comité fédéral de l’open market (FOMC) mercredi ne devrait pas entraîner de modification du taux des fonds fédéraux, qui se situe actuellement entre 4,25 % et 4,50 %. Cependant, les analystes s’attendent à ce que le président de la Fed, Jay Powell, adopte un ton plus conciliant, notamment après que le président ait nuancé ses commentaires concernant l’avenir de la Fed.

Un décalage notable est observé entre la hausse des anticipations d’inflation et l’absence de réaction sur le marché obligataire. Les données de mars, publiées la semaine dernière, ont été encourageantes, et la plupart des mesures d’inflation pour les trois premiers mois de l’année se sont avérées favorables aux obligations.

Les agences de notation de crédit, telles que Moody’s, ont relevé leurs prévisions de défaut pour les obligations à haut rendement, estimant un taux de défaut attendu de 2,8 % à 3,4 % pour 2025. Cela se traduit par un rendement de 7 % à 8 % pour ces obligations, offrant une marge de sécurité, bien que les risques soient en augmentation. Le taux de défaut moyen pour les entreprises américaines avait atteint 7,8 % pendant la pandémie de Covid-19 en 2020.

Les conditions de marché restent difficiles pour les investisseurs en obligations depuis 2021, voire 2022. Cependant, certains experts estiment que le taux des fonds fédéraux pourrait être ramené à 2,75 % – 3 %, en raison d’une réduction significative du déficit budgétaire, qui aurait un effet restrictif sur l’économie américaine.

Les écarts de crédit se sont progressivement améliorés depuis le début du mois d’avril, parallèlement à une reprise des marchés boursiers. Il est possible que nous assistions à un dernier rallye des obligations avant que les rendements ne repartent à la hausse.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.