Home SantéRoberto Jacoby, parolier du virus, recrée les “images païennes” classiques à côté de Fito Páez

Roberto Jacoby, parolier du virus, recrée les “images païennes” classiques à côté de Fito Páez

by Sophie Martin

Roberto Jacoby, figure emblématique de la scène rock argentine, revisite avec émotion l’un des plus grands succès de son groupe Virus : « Images païennes ». Cette nouvelle version, interprétée en duo avec Fito Páez, est le premier avant-goût de l’album hommage « Tout ce solide disparaît », qui sortira le vendredi prochain.

L’interprétation de Jacoby se distingue par sa sobriété, contrastant avec l’empreinte musicale affirmée de Páez, qui apporte une nouvelle profondeur à cette mélodie déjà considérée comme un classique du rock argentin. « Enregistrer cette chanson de Roberto Jacoby, Federico Moura, Daniel Sbarra et Enrique Mugetti était un rêve », a confié Fito Páez sur son compte Instagram. « Le bon sens, où certains rêves sont plus forts que la réalité, a fonctionné à l’envers. L’appel de Roberto m’a pris totalement par surprise. Il a toujours été l’un de mes héros culturels. Je l’ai approché avec une déférence à la fois oraculaire et pudique. Dans les studios de Madrid, j’ai eu la chance d’enregistrer ce joyau de la musique populaire argentine, guidé par les propres mots de Roberto. »

« Images païennes » figure initialement sur l’album live de Virus, sorti en 1986, et a été créé à partir de concerts donnés au Chili, à Mendoza et au Paraguay. Selon le livre « Virus, Une Génération », écrit par Daniel Riera et Fernando Sanchez, la chanson a été plébiscitée par les musiciens, les journalistes et les auditeurs de Rock & Pop comme le titre de l’année. Les auteurs précisent que Virus recherchait alors un son plus épuré, où l’omniprésence des machines serait limitée et la dimension métaphorique des paroles accentuée.

Federico Moura, le chanteur de Virus, avait déclaré lors d’une interview en 1986, année de la deuxième victoire de l’Argentine en Coupe du monde : « Je pense que « Images païennes » a marqué une forme d’œuvre plus intense, où tout est plus harmonieux, traité plus en profondeur sur le plan musical. Les passages instrumentaux sont plus aboutis. »

« Tout ce solide disparaît », un projet produit par Nacho Marciano, propose un hommage vibrant à l’univers musical de Virus à travers des relectures de ses chansons emblématiques, interprétées avec la sensibilité artistique propre à chaque collaborateur. Le titre de l’album fait écho à la célèbre phrase de Karl Marx dans « Le Capital » (1867), reprise par le philosophe Marshall Berman dans son essai de 1982, « Tout ce solide s’estompe dans l’air ». L’album, composé de huit reprises de titres de Virus (avec des paroles de Jacoby, bien sûr), est un voyage sonore qui revisite l’essence d’une époque à travers le prisme du XXIe siècle. Agustín de la Croce apporte une touche délicate et intimiste à l’ensemble grâce à ses arrangements au piano et au violoncelle, sous la direction de Fine Hoby.

Roberto Jacoby a également été honoré cette semaine en recevant le titre de docteur honoris causa de l’Université nationale de Quilmes.

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