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Royaume-Uni : la National Audit Office alerte sur le coût de l’énergie

Le Royaume-Uni risque des factures d'énergie considérablement accrues à moins d'accélérer les travaux de modernisation du réseau électrique.

Royaume-Uni : la National Audit Office alerte sur le coût de l'énergie

Le Royaume-Uni risque des factures d’énergie considérablement accrues à moins d’accélérer les travaux de modernisation du réseau électrique.

Les factures d’énergie des ménages britanniques pourraient grimper de manière significative si le gouvernement et les régulateurs ne parviennent pas à accélérer la modernisation du réseau électrique vieillissant.

Un programme d’investissement de 70 milliards de livres sous pression

Pour moderniser le réseau de pylônes, de lignes aériennes et de sous-stations de Grande-Bretagne, un investissement colossal allant jusqu’à 70 milliards de livres est requis sur une période de cinq ans. Ce réseau, construit en grande partie entre les années 1950 et 1970 autour des anciennes centrales à combustibles fossiles, peine à acheminer l’électricité produite par les parcs éoliens et solaires situés loin des grands centres de consommation.

Actuellement, les énergies propres — éolien, solaire et nucléaire — représentent la majorité de la production d’électricité en Grande-Bretagne, et le gouvernement s’est fixé pour objectif d’atteindre l’objectif d’ici la fin de l’année 2030. Cependant, le rythme de développement de la production renouvelable a dépassé celui des infrastructures, créant des goulots d’étranglement majeurs.

L’envolée des coûts de contrainte et l’impact sur le consommateur

Lorsque le réseau ne peut pas transporter l’électricité des zones de production vers les zones de demande, l’opérateur du système doit verser des compensations aux producteurs pour réduire leur production, tout en activant des centrales au gaz ailleurs. Sans une accélération des mises à niveau, la NAO prévient que ces surcoûts pourraient atteindre 7,8 milliards de livres par an d’ici 2030.

Sur le plan individuel, un ménage type a payé 44 livres pour la construction et la maintenance du réseau en 2025-2026, un montant qui devrait grimper à 104 livres par foyer d’ici mars 2031. Néanmoins, l’autorité de régulation Ofgem estime que les factures des abonnés finiront par baisser de 30 livres par an à terme grâce aux économies réalisées sur les prix de gros et la réduction des contraintes de réseau.

Des retards jugés très risqués par l’organisme de surveillance

Sur les 80 projets identifiés comme indispensables pour atteindre les objectifs climatiques, seules 16 réalisations sont achevées, la majorité en étant encore aux premiers stades de développement. Gareth Davies, le directeur de la NAO, a souligné que les ambitions affichées mettaient à l’épreuve des systèmes qui n’ont pas été conçus pour une activité à un tel rythme ou à une telle échelle.

Royaume-Uni : la National Audit Office alerte sur le coût de l'énergie
Photo: The Independent

Gareth Davies, directeur de la NAO, a déclaré que le bon rapport qualité-prix dépend désormais de la concrétisation des projets et que l’omission de mettre en œuvre ces améliorations nécessaires du réseau entravera la croissance économique tout en augmentant les factures des consommateurs.

Sir Geoffrey Clifton-Brown, président de la commission des comptes publics du Parlement, a abondé dans le même sens en affirmant que le réseau n’avait pas su suivre la transition vers les énergies propres et qu’il était indispensable pour alimenter les nouveaux logements et les centres de données.

Les réponses des acteurs institutionnels et de l’industrie

De son côté, le ministre de l’Énergie Michael Shanks a qualifié le rapport de rappel brutal des conséquences d’un sous-investissement historique, tout en défendant les réformes en cours. L’Ofgem a rappelé que les financements sont débloqués par étapes, soumis à un contrôle strict, et que les entreprises encourent des sanctions financières en cas de manquement.

Power Grid Overhaul Could Cost Billions More if UK Delays Upgrades, Warns Spending Watchdog

La National Energy System Operator (Neso), l’Ofgem et le Department for Energy Security and Net Zero (DESNZ) collaborent désormais pour tenter de compresser les délais, bien que la réalisation intégrale de ces chantiers d’ici la fin de la décennie demeure un défi particulièrement ardue.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.