Publié le 7 janvier 2026 à 18h06. L’administration américaine affirme détenir un levier majeur sur le Venezuela suite à la destitution de Nicolás Maduro, en contrôlant les revenus potentiels de la vente de son pétrole et en prévoyant une gestion rigoureuse de ces fonds.
- Les États-Unis comptent utiliser les revenus de la vente de 30 à 50 millions de barils de pétrole vénézuélien pour stabiliser le pays et soutenir sa reconstruction.
- Un processus en trois phases est envisagé : stabilisation, relance économique et transition politique, sans détails précis sur cette dernière.
- L’administration Trump a déjà saisi plusieurs pétroliers liés au Venezuela dans le cadre de cette stratégie.
Washington affirme avoir engagé un « triple processus » pour assurer la stabilité du Venezuela après la destitution de Nicolás Maduro, renversé lors d’une opération nocturne le week-end précédent. Le secrétaire d’État Marco Rubio a souligné mercredi que les sanctions américaines sur le pétrole vénézuélien confèrent aux États-Unis un « levier le plus puissant possible » sur le pays sud-américain.
Selon Rubio, l’administration Trump va initialement mettre en vente entre 30 et 50 millions de barils de pétrole vénézuélien, aux prix du marché actuels (autour de 60 dollars le baril).
« Cet argent sera ensuite géré de telle manière que nous contrôlerons la façon dont il est dépensé, afin qu’il profite au peuple vénézuélien et non à la corruption, ni au régime. Nous disposons donc d’un grand levier pour avancer sur le front de la stabilisation. »
Marco Rubio, secrétaire d’État
La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a précisé que les premiers barils arriveraient « très bientôt » aux États-Unis. Elle a également indiqué que le gouvernement américain avait déjà commencé à commercialiser le pétrole brut vénézuélien sur le marché mondial, en s’associant avec des négociants et des banques internationales pour faciliter les ventes et assurer le financement.
Petróleos de Venezuela (PDVSA), la compagnie pétrolière nationale, a confirmé être en négociations avec les États-Unis pour la vente de pétrole, dans le cadre des relations commerciales existantes. PDVSA a souligné que ce processus s’inscrivait dans la continuité des accords déjà en place avec des entreprises internationales, comme Chevron, et reposait sur une base strictement commerciale, respectant les principes de légalité, de transparence et d’avantages mutuels.
La deuxième phase du plan américain, la relance, vise à garantir un accès équitable aux entreprises américaines, occidentales et autres au marché vénézuélien. Elle prévoit également des mesures de réconciliation nationale et une amnistie pour les forces d’opposition, a expliqué Rubio. La troisième phase, celle de la transition, reste pour l’instant floue quant à ses modalités.
Par ailleurs, les États-Unis ont procédé à la saisie de plusieurs pétroliers liés au Venezuela, dont deux mercredi, l’un dans l’Atlantique Nord et l’autre dans la mer des Caraïbes. Au total, quatre pétroliers sont désormais sous contrôle américain.
L’administration Trump a annoncé que les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela, sans toutefois préciser l’étendue de cet engagement. Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente sous Maduro, a été investie comme présidente par intérim du Venezuela. Maduro et son épouse, Cilia Flores, ont été transférés aux États-Unis pour répondre à des accusations de trafic de drogue et d’armes, pour lesquelles ils ont plaidé non coupable lundi.
Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a été chargé d’organiser le transfert du pétrole vénézuélien vers les États-Unis et a déclaré que les ventes seraient contrôlées par Washington « indéfiniment ». Des experts cités par CBS News estiment qu’il faudra des années aux compagnies pétrolières étrangères pour développer pleinement leurs opérations au Venezuela.
