Home DivertissementRuth Jones McVeigh, co-fondatrice du Mariposa Folk Festival, décédée à 99 ans

Ruth Jones McVeigh, co-fondatrice du Mariposa Folk Festival, décédée à 99 ans

by Antoine Girard

Publié le 10 janvier 2024 à 19h28. Ruth Jones McVeigh, cofondatrice du prestigieux Festival folk de Mariposa, est décédée à l’âge de 99 ans, laissant derrière elle un héritage musical et communautaire exceptionnel au Canada.

  • Ruth Jones McVeigh, figure clé de la scène folk canadienne, s’est éteinte mercredi à Ottawa.
  • Le Festival folk de Mariposa, qu’elle a contribué à créer en 1961, est devenu l’un des plus anciens et des plus respectés festivals de musique folk en Amérique du Nord.
  • De Gordon Lightfoot à Joni Mitchell en passant par Bob Dylan, de nombreux artistes de renom ont foulé les scènes de Mariposa au fil des décennies.

C’est à une conférencière motivante encourageant les petites communautés à dynamiser le tourisme qu’est due l’idée originale de Ruth Jones McVeigh. En 1961, elle a alors entrepris d’organiser un rassemblement musical à Orillia, en Ontario. En seulement six mois, elle a donné naissance à un événement qui allait marquer l’histoire de la musique folk canadienne.

Née à Halifax et ayant débuté sa carrière journalistique en Nouvelle-Écosse, Ruth Jones McVeigh s’est installée en Ontario avec sa famille. Elle y a épousé Crawford Jones, médecin et psychiatre de la marine, et le couple a fondé une famille à Orillia à la fin des années 1940. Passionnée de musique folk, elle a voyagé à Toronto où elle a puisé son inspiration.

Le Festival folk de Mariposa a rapidement gagné en popularité, attirant des artistes de renom tels que Ian & Sylvia, Leonard Cohen, Joan Baez, Emmylou Harris et plus récemment, Serena Ryder et les Barenaked Ladies. L’atmosphère communautaire et l’accent mis sur les talents canadiens ont toujours été au cœur de l’identité du festival.

Le festival a connu des changements de lieu au fil des ans, passant par les îles de Toronto, Innis Lake près de Caledon et Molson Park à Barrie, avant de revenir à Orillia en 2000. Ces déplacements ont parfois posé des défis logistiques, notamment en 1963 lorsque la foule a dépassé les capacités d’accueil de la ville.

En 1987, alors que le festival était confronté à de graves difficultés financières, Ruth Jones McVeigh est revenue au premier plan pour mobiliser des soutiens et assurer sa survie. Comme le souligne Michael Hill, ancien directeur artistique du festival, « C’est grâce à Ruth que Mariposa a pu continuer d’exister. »

En 2005, Mariposa a créé un Temple de la renommée et a intronisé Ruth Jones McVeigh à titre honorifique. En 2010, elle déclarait à CBC News : « J’adorais aller aux festivals folk à Toronto et je pensais qu’Orillia avait peut-être besoin de quelque chose pour la réveiller. »

En 2005, l’Université York a lancé une archive en ligne dédiée au festival, présentant des photos, des programmes, des affiches, des enregistrements audio et même une version numérique du journal intime de Ruth Jones McVeigh des premières années.

Ruth Jones McVeigh laisse dans le deuil son frère, ses six enfants, ainsi que ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. Elle avait qualifié le Festival folk de Mariposa de « ma plus grande réussite », après ses enfants.

Ruth Jones McVeigh avec Samantha Windover au festival 2012.
Ruth Jones McVeigh avec Samantha Windover au festival 2012. (Soumis par Samantha Windover)

Samantha Windover, une jeune auteure-compositrice-interprète country folk, se souvient de l’encouragement constant de Ruth Jones McVeigh, qui lui a donné la confiance nécessaire pour se produire sur scène. « Elle était si attentionnée et solidaire », témoigne-t-elle. « Chaque année où je retourne à Mariposa, je pense à Ruth. »

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