Home NouvellesSacheva ne concède pas un seul lev, les employeurs se lèvent, l’opposition voit un effondrement budgétaire — OFFNews

Sacheva ne concède pas un seul lev, les employeurs se lèvent, l’opposition voit un effondrement budgétaire — OFFNews

by Nicolas Lefèvre

Publié le 9 novembre 2025 10h14. Le projet de budget 2026 cristallise les tensions politiques et sociales en Bulgarie, entre un gouvernement déterminé à maintenir ses orientations et une opposition dénonçant un manque de transparence et une dette publique croissante.

  • Le gouvernement bulgare maintient fermement les augmentations prévues dans le projet de budget 2026, malgré le boycott du Conseil national de coopération tripartite par les employeurs.
  • Les organisations patronales critiquent vivement les hausses des cotisations sociales, du salaire minimum et de la dette nationale, estimant qu’elles pénalisent les entreprises.
  • Un fort mécontentement populaire s’exprime sur les réseaux sociaux, alimenté par les craintes d’une dette publique hors de contrôle.

La vice-présidente du groupe parlementaire GERB-SDS, Denitsa Sacheva, a défendu avec vigueur les paramètres du budget, affirmant que le gouvernement ne reviendrait pas sur ses décisions clés.

« Il n’y a aucune possibilité de revenir sur l’augmentation des cotisations sociales et de l’impôt sur les dividendes, étant donné que toutes ces recettes sont nécessaires. Nous appliquons la loi telle qu’elle est. »

Denitsa Sacheva, vice-présidente du groupe parlementaire GERB-SDS

Elle a souligné que les augmentations étaient juridiquement contraignantes et que le gouvernement n’avait reçu aucune proposition alternative crédible en matière de recettes.

La rupture est consommée avec les employeurs. Ces derniers ont refusé de participer à la dernière réunion du Conseil national de coopération tripartite, marquant leur désaccord profond avec le projet de budget. Stanislav Popdonchev, vice-président de la Chambre de commerce bulgare, a annoncé qu’une nouvelle tentative de dialogue était prévue le 13 novembre. Les entreprises pointent du doigt plusieurs mesures qu’elles jugent préjudiciables : l’augmentation des cotisations d’assurance, la hausse du salaire minimum, l’accroissement de la dette nationale et l’absence de réformes structurelles. Selon elles, le budget ne favorise pas l’activité économique, mais pénalise les entreprises déjà fragilisées par des coûts élevés et une incertitude économique persistante.

Parallèlement, un sentiment de colère et de désespoir s’est emparé des réseaux sociaux. Un message particulièrement partagé dénonce l’accumulation de la dette publique : 17 milliards de leva bulgares (BGN) en un an, soit 46,5 millions de BGN par jour. L’auteur s’interroge sur la légitimité de ces emprunts, évoquant même un possible “vol”. Ce message reflète les inquiétudes croissantes de la population concernant la gestion des finances publiques et la transparence des décisions gouvernementales.

L’opposition, menée par DSB, est également sur les rangs. Le parti accuse l’administration en place de pratiques de gouvernance non publiques et illégitimes, de corruption, d’abus de pouvoir et de risque fiscal. DSB refuse de soutenir le projet de budget, craignant que la Bulgarie n’entre dans la zone euro avec un profil budgétaire non conforme aux règles européennes, ce qui pourrait entraîner une procédure de déficit excessif dès la première année. Le parti réclame notamment la publication d’une estimation réelle du déficit par le SEC, un stress test indépendant des produits et dépenses, et une ligne plus ferme envers la Russie en matière de sanctions.

DSB met également en garde contre une radicalisation du discours public et une intolérance politique croissante, dénonçant la complaisance des dirigeants envers l’influence russe. Le parti ne voit qu’une seule issue à cette crise politique : les élections présidentielles de 2026.

Le projet de budget pour 2026 est donc devenu un véritable test pour le gouvernement, tant sur le plan politique que sur le plan de la confiance publique. Les semaines à venir seront cruciales pour déterminer si un compromis sera trouvé, si le budget sera adopté tel quel, ou si de nouvelles tensions politiques émergeront.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.