Publié le 2024-02-29 14:30:00. La momification, pratique ancestrale présente dans de nombreuses cultures, fascine toujours. Des chercheurs ont poussé l’expérimentation jusqu’à recréer le processus sur un corps humain, afin de mieux comprendre les techniques de l’Égypte antique.
- Des chercheurs ont recréé le processus de momification sur un corps humain afin d’étudier les techniques de l’Égypte ancienne.
- Bob Breyer et Ron Wade ont réalisé une momification en 1994, en utilisant des outils et des matériaux reproduisant ceux de l’époque pharaonique.
- Le manque de documentation égyptienne sur l’embaumement rend l’archéologie expérimentale essentielle pour percer les secrets de cette pratique.
Tout au long de l’histoire, diverses civilisations ont pratiqué la momification, un rituel funéraire destiné à préserver le corps du défunt. Si cette pratique persiste encore aujourd’hui dans certaines cultures, ce sont les momies de l’Égypte antique qui restent les plus emblématiques. Pourtant, malgré leur renommée, les techniques précises employées par les anciens Égyptiens pour embaumer leurs morts demeurent largement méconnues, car ils ont laissé peu de traces écrites à ce sujet.
Face à ce manque de documentation, l’archéologie expérimentale apparaît comme une voie essentielle pour tenter de reconstituer le processus de momification. Plusieurs chercheurs se sont ainsi lancés dans la recréation de ces techniques ancestrales, utilisant souvent des animaux comme sujets d’étude. Mais certains, plus audacieux, ont choisi de travailler sur des corps humains.
L’une des momifications les plus connues est celle réalisée en 1994 par Bob Breyer et Ron Wade. Ron Wade, dont le père était croque-mort, a suivi une formation médicale durant la guerre du Vietnam avant de devenir anatomiste et président du Conseil d’anatomie de l’État du Maryland. Bob Breyer, quant à lui, s’est formé en anatomie, mais sa passion l’a conduit à devenir égyptologue, accumulant une impressionnante collection de livres sur l’Égypte, qu’il a dû stocker dans un appartement supplémentaire.
Pour leur expérience, ils ont sélectionné le corps d’un homme blanc de 76 ans, décédé d’une crise cardiaque, parmi une liste de corps donnés à la science à Baltimore, dans le Maryland. L’identité du défunt est restée confidentielle, mais Wade l’a surnommé E.M. Balm, un jeu de mots faisant référence à l’embaumement.
Afin d’atteindre un maximum de réalisme, Breyer et Wade ont utilisé des répliques d’outils et de matériaux de l’époque pharaonique, notamment des bandages en lin, une table d’embaumement en bois de dimensions surprenantes, ainsi que des instruments en cuivre et en obsidienne. Avant de se consacrer à M. Balm, ils se sont entraînés à l’extraction du cerveau sur d’autres cadavres, utilisant pour cela une tête coupée provenant d’un cours de chirurgie plastique.
Le résultat de leurs efforts a été remarquable, la momie ressemblant, selon certains, à Ramsès le Grand.
Suite de l’article : La momie « ressemblait à Ramsès le Grand »
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