Home MondeSally Rooney dit qu’elle ne pourra pas publier de livres au Royaume-Uni tant que Palestine Action sera interdite – The Irish Times

Sally Rooney dit qu’elle ne pourra pas publier de livres au Royaume-Uni tant que Palestine Action sera interdite – The Irish Times

by Clara Dubois

Publié le 27 novembre 2023 18h54. L’écrivaine Sally Rooney affirme que l’interdiction au Royaume-Uni du groupe Palestine Action, qu’elle soutient publiquement, compromet sa capacité à publier de nouvelles œuvres et pourrait même entraîner le retrait de ses livres existants des librairies britanniques.

  • Sally Rooney craint de ne plus pouvoir publier au Royaume-Uni tant que l’interdiction de Palestine Action restera en vigueur.
  • L’interdiction, justifiée par des lois antiterroristes, fait du soutien à Palestine Action un délit passible de 14 ans de prison.
  • Une contestation judiciaire de cette interdiction est en cours, avec des arguments sur la liberté d’expression et la définition même du terrorisme.

La romancière britannique Sally Rooney a témoigné devant la Haute Cour du Royaume-Uni, expliquant que l’interdiction de Palestine Action, un groupe d’action directe pro-palestinien, met en péril sa carrière littéraire. Selon elle, la situation est telle qu’elle pourrait être contrainte de ne plus publier ses livres au Royaume-Uni.

Rooney a déclaré qu’elle avait l’intention de verser les bénéfices de ses œuvres à Palestine Action, ce qui l’a d’ailleurs amenée à renoncer à un voyage au Royaume-Uni pour recevoir un prix, par crainte d’être arrêtée. Elle s’inquiète également de la possibilité que son éditeur, Faber & Faber, se voie interdire de lui verser ses droits d’auteur, ce qui pourrait entraîner le retrait de ses livres des rayons des librairies.

« Il est… presque certain que je ne peux plus publier ou produire de nouveaux travaux au Royaume-Uni tant que cette interdiction reste en vigueur. »

Sally Rooney, auteure

Rooney a qualifié le travail de Palestine Action de « courageux et admirable », soulignant son engagement à prévenir les crimes contre l’humanité. Elle a affirmé qu’on ne lui avait demandé de retirer son soutien au groupe que pour des raisons de commodité personnelle et professionnelle.

La contestation judiciaire engagée par Huda Ammori, cofondatrice de Palestine Action, vise la décision de Yvette Cooper, alors secrétaire d’État à l’Intérieur, d’interdire le groupe en vertu des lois antiterroristes. L’interdiction, entrée en vigueur le 5 juillet, criminalise l’adhésion ou le soutien à Palestine Action, passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans d’emprisonnement.

Le tribunal a également entendu le témoignage d’Adam Straw, représentant Ben Saul, rapporteur spécial de l’ONU sur la protection des droits de l’homme dans la lutte contre le terrorisme, ainsi que des représentants de Liberty et Amnesty UK. Selon Straw, il existe un consensus croissant sur le fait que cette interdiction constitue une ingérence illégale dans le droit international et que la définition du terrorisme ne devrait pas inclure les dommages matériels graves.

Sir James Eadie, représentant le ministère de l’Intérieur, a rétorqué que le Parlement britannique a le droit de définir le terrorisme, y compris les dommages matériels graves, qu’ils soient accompagnés ou non de violences contre des personnes.

La police métropolitaine a annoncé l’arrestation de 143 personnes mercredi devant le tribunal, soupçonnées de soutenir un groupe interdit. Le contrôle judiciaire devrait se poursuivre jusqu’à mardi. – The Guardian

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