Publié le 26 octobre 2023 19h30. Les nouvelles sanctions américaines contre le géant pétrolier russe Rosneft pourraient avoir des répercussions sur l’approvisionnement en carburant de l’Allemagne, notamment dans le nord-est du pays et à Berlin, suscitant des inquiétudes et des négociations diplomatiques.
- Les sanctions américaines visent les entreprises détenant plus de 50 % de capital russe, ce qui pourrait affecter la raffinerie PCK de Schwedt, cruciale pour l’approvisionnement de la région.
- Le gouvernement allemand tente d’obtenir une dérogation auprès de Washington, s’appuyant sur un précédent britannique.
- La fermeture de la raffinerie de Schwedt serait une catastrophe économique pour la région de Brandebourg, selon les autorités locales.
L’annonce de nouvelles sanctions par l’administration américaine contre le groupe pétrolier russe Rosneft a mis en alerte les autorités allemandes. La raffinerie PCK de Schwedt, située en Brandebourg, est en effet détenue à 54 % par des filiales allemandes de Rosneft. Cette installation est un acteur majeur de l’approvisionnement en carburant et en fioul de chauffage pour une vaste zone du nord-est de l’Allemagne, ainsi que pour l’aéroport de Berlin-Brandebourg (BER), qui dépend de la raffinerie pour son kérosène.
Selon des informations obtenues par le journal Bild, le gouvernement allemand est activement en pourparlers avec Washington pour obtenir une dérogation spécifique pour la raffinerie de Schwedt. Une telle dérogation avait déjà été accordée par les autorités britanniques. Bojan Pancevski, correspondant du Wall Street Journal, a déclaré dans un podcast de Bild : « Les effets se font déjà sentir – et ils sont considérables. »
Le problème pour l’Allemagne réside dans les termes du nouveau paquet de sanctions américain, qui impose aux entreprises de cesser toute relation commerciale avec les entités détenues à plus de 50 % par le gouvernement russe d’ici le 21 novembre. Berlin, qui avait longtemps plaidé pour de nouvelles sanctions contre la Russie, cherche maintenant à minimiser les conséquences de ces mesures sur son économie.
Le ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie, dirigé par Katherina Reiche, est en première ligne de ces négociations. Par ailleurs, la filiale allemande de Rosneft a été placée sous tutelle administrative par le gouvernement allemand suite à l’invasion de l’Ukraine. Selon des sources gouvernementales, cette mesure garantit que les fonds ne sont plus transférés à Moscou et que la raffinerie ne peut plus être contrôlée par le Kremlin.
Outre la raffinerie de Schwedt, d’autres installations pétrolières allemandes pourraient être affectées, notamment la raffinerie de Oberrhein et la raffinerie BAYERNOIL, où Rosneft détient également des participations.
Jan Redmann, chef du parti CDU du Brandebourg, a souligné l’importance cruciale de la raffinerie pour la région : « Le gouvernement fédéral s’efforce d’obtenir une dérogation pour Schwedt, comme cela a été le cas avec les sanctions britanniques. C’est absolument nécessaire, car de nombreuses stations-service d’Allemagne de l’Est et l’aéroport de BER dépendent de l’approvisionnement de Schwedt. »
Selon M. Redmann, la fermeture de la raffinerie serait « une catastrophe économique pour le Brandebourg », car elle constitue « le cœur industriel de toute la région du nord-est de l’État. »
Le syndicat de la raffinerie avertit que si les États-Unis refusent d’accorder une dérogation, la production pourrait être interrompue, mettant en péril l’approvisionnement en carburant de certaines régions d’Allemagne.
