Publié le 31 octobre 2024 à 13h14. L’influence financière de la Fondation Bill Gates sur l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est remise en question par une étude récente, qui souligne un déséquilibre dans le financement des priorités sanitaires mondiales.
- De 2000 à 2024, la Fondation Bill Gates a versé 5,5 milliards de dollars à l’OMS, principalement pour lutter contre les maladies infectieuses.
- Seule une faible part de ces fonds a été allouée à des domaines cruciaux tels que l’accès à l’eau potable et l’amélioration des systèmes de santé.
- L’étude met en évidence le besoin urgent pour les États membres d’augmenter leurs contributions obligatoires afin de garantir l’indépendance et la flexibilité de l’OMS.
Une étude menée par des scientifiques de l’Université Queen Mary de Londres révèle que les dons massifs de la Fondation Bill Gates à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pourraient orienter les priorités de l’organisation. Publiée dans la revue spécialisée BMJ Global Health, l’analyse examine l’utilisation des fonds sur une période de plus de deux décennies.
Entre 2000 et 2024, la Fondation Bill Gates a déboursé 5,5 milliards de dollars (environ 5 milliards d’euros) au profit de l’OMS. Plus de 80 % de cette somme a été consacrée à la lutte contre les maladies infectieuses, notamment par le biais de programmes de vaccination. En comparaison, seulement 12 millions de dollars (environ 11,2 millions d’euros) ont été alloués à l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires adéquates. Le financement des efforts visant à renforcer les systèmes de santé s’élève à environ 37 millions de dollars (environ 34,5 millions d’euros).
La Fondation Gates est le deuxième donateur de l’OMS, après les États-Unis. Elle contribue à près de dix pour cent du budget de l’organisation, dépassant ainsi l’Allemagne et le Royaume-Uni. Le budget de l’OMS est financé par deux sources principales : les contributions obligatoires des États membres et les dons volontaires d’organisations non gouvernementales, comme la Fondation Gates. Ces dons volontaires représentent désormais la part la plus importante du financement de l’OMS.
Selon l’étude, cette dépendance aux dons volontaires limite l’autonomie de l’OMS, car les fonds sont généralement affectés à des programmes spécifiques définis par les donateurs. Les auteurs soulignent que les domaines privilégiés par les donateurs reçoivent souvent des ressources excessives, tandis que d’autres besoins urgents sont négligés. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les États-Unis ont annoncé leur intention de quitter l’organisation des Nations Unies début 2025, comme le rapportait Welt.
Bien que les programmes soutenus par la Fondation Gates contre le paludisme, le sida et la polio aient indéniablement sauvé des millions de vies, l’évolution des causes de décès dans le monde est notable. Aujourd’hui, trois décès sur quatre sont attribuables au cancer, aux maladies cardiovasculaires ou au diabète. L’OMS a pour mission d’améliorer la santé mondiale dans son ensemble.
Pour atteindre cet objectif, les chercheurs insistent sur la nécessité de ne pas remettre en question les donateurs volontaires, mais plutôt d’inciter les États membres à augmenter leurs contributions obligatoires. Cela permettrait à l’OMS de disposer d’une plus grande marge de manœuvre dans ses décisions et de mieux répondre aux défis sanitaires mondiaux, en particulier dans un contexte où le soutien financier des États-Unis pourrait diminuer.
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